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Continuer la lectureAstérix : le jackpot de Guillaume Canet
Le réalisateur touchera un bonus d’un million d’euros si le film dépasse 7 millions d’entrées. L’artiste a déjà perçu 500 000 euros en tant qu’auteur-réalisateur.
« C’est important que ce film-là marche, pour que tous les autres aussi fonctionnent, et soient financés. Parce que si un film comme ça ne marche pas, il ne va plus y avoir un financier qui va mettre de l’argent dans les films », plaidait Guillaume Canet sur France Inter à l’occasion de la sortie d’Astérix et Obélix : l’empire du milieu. Un élément de langage repris de plateau en plateau par le réalisateur-scénariste-interprète. Signe d’une promo calibrée au millimètre près, le comédien répète le même argument de l’intérêt général, et le conclut du même gimmick : un implorant « venez voir le film », en faisant mine de fondre en larmes, comme à RTL ou dans Quotidien.
L’inquiétude de l’artiste pour le cinéma français est sans doute sincère. Mais Guillaume Canet a aussi un intérêt personnel à ce que le film attire les foules. Comme le révèlent les contrats obtenus par l’Informé, chaque entrée remplit les poches de l’acteur-réalisateur. S’il ne touchera quasiment aucun variable jusqu’à 1 million d’entrées, il percevra 0,69 euros par ticket dans la tranche allant de un à trois millions de spectateurs. Faites le calcul : à 3 millions et plus - barre qui devrait être facilement atteinte vu la fréquentation des précédents Asterix - il empochera donc 1,4 million d’euros. Mieux encore : si le film est amorti ou cartonne en dépassant les 7 millions de cinéphiles, il touchera alors un super bonus de un million d’euros. En cumul, on serait donc à 2,4 millions d’euros si ce seuil est franchi.
Ce n’est pas fini : si son long-métrage performe à l’étranger, une autre prime est prévue : elle peut aller jusqu’à 900 000 euros bruts pour 5 millions de tickets vendus. L’interprète d’Astérix est aussi intéressé sur l’exploitation vidéo (vidéo à la demande, DVD), les diffusions TV, les produits dérivés, etc.
Mais que les fans de Guillaume Canet se rassurent. Quand bien même cette comédie ferait un bide – les premières critiques du Monde ou de Marianne sont sévères —, leur star a déjà touché un petit pactole avec ce projet. Au-delà de son cachet de comédien (au montant inconnu), il a perçu un minimum de 250 000 euros comme réalisateur et 250 000 euros supplémentaires comme scénariste.
6,6 millions pour les acteurs
Généreux, le réalisateur des Petits mouchoirs a partagé ce bon filon avec ses proches. Il a recruté la mère de ses enfants Marion Cotillard pour jouer Cléopâtre et son vieil ami Gilles Lellouche comme Obélix. Au total, les principaux comédiens du film se partagent 1,3 million d’euros, selon cinefinances.info. Le casting comprenant aussi de coûteuses guest stars (Zlatan Ibrahimovic, Angèle, Orelsan…), l’ensemble des cachets des acteurs s’élève à 6,6 millions d’euros.
Tout ceci contribue à faire monter l’addition, qui atteint au total à 64,1 millions d’euros. De quoi faire de cet Astérix le 9e film le plus cher de l’histoire du cinéma français (cf. liste ci-dessous). Selon Marianne, il a besoin de 6 millions d’entrées pour rentrer dans ses frais.
Les plus exposés sont Pathé (qui a apporté 23,9 millions d’euros en cash), les productions du Trésor d’Alain Attal (9,4 millions), TF1 (5,5 millions) et Canal Plus (4 millions) [*] toujours selon cinefinances.info. La Une a d’ailleurs fait une intense promotion du film sur les chaînes du groupe, invitant l’équipe dans le Late, Quotidien, Une famille en or..., auxquels s’ajoute un prime time sur TMC intitulé Une soirée avec Astérix et Obélix. Mais le long-métrage a aussi bénéficié de subventions publiques : 700 000 euros de la région Île-de-France, et 15 millions d’euros du Centre national du cinéma (CNC), provenant pour l’essentiel des aides générées par les films précédents des différents producteurs.
Contactés, l’agent de Guillaume Canet et l’attaché de presse du film n’avaient pas répondu au moment de la publication de cet article.
[*] À ces sommes cash s’ajoutent des apports en nature (frais généraux, salaire du producteur) ou des subventions du CNC générées par les films produits précédemment (fonds de soutien).
Les plus gros budgets du cinéma français (budgets prévisionnels)
- Valérian (2016) : 197 millions d’euros
- Alexandre (2003) : 182 millions
- Astérix aux jeux olympiques (2006) : 78 millions
- Le cinquième élément (1997) : 75 millions
- Arthur et la guerre des deux mondes III (2008) : 69 millions
- Renegades (2016) : 66 millions
- Arthur et les minimoys I (2004) : 65 millions
- Astérix et Obélix et l’empire du milieu (2021) : 64 millions
- Arthur et la vengeance de Maltazard II (2008) : 63 millions
- Astérix et Obélix : au service de sa Majesté (2011) : 61 millions
- Le Petit Prince (2013) : 60 millions
- Deux frères (2003) : 60 millions
- Les trois mousquetaires (2010) : 58 millions
- Babylon AD (2007) : 51 millions
- Taken 3 (2014) : 51 millions
- Océans (2008) : 49 millions
- Lucy (2013) : 49 millions
- Sur la piste du Marsupilami (2010) : 39 millions
- Or noir (2011) : 39 millions
- From Paris with love (2008) : 38 millions
- Taken 2 (2011) : 37 millions
- Les Trois mousquetaires - Milady (2021) : 36 millions
- Les Trois mousquetaires - D’Artagnan (201) : 36 millions
- Les Frères Sisters (2018) : 35 millions
- Astérix et le secret de la potion magique (2018) : 34 millions
- La belle et la bête (2013) 34 millions
- Raid dingue (2016) : 32 millions
- Pourquoi j’ai pas mangé mon père ? (2012) : 32 millions
- Anna (2017) : 31 millions