Comment Patrick Drahi a tenté de censurer France Culture

Le propriétaire de SFR a attaqué en justice la radio publique pour faire supprimer une émission. En vain.

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ERIC PIERMONT / AFP

Patrick Drahi a sorti l’artillerie lourde. Victime d’un hacking cet été, le magnat des télécoms tente par tous les moyens d’empêcher les journalistes d’en parler. D’abord, il s’est attaqué à Reflets, le premier média à avoir publié des articles basés sur les documents piratés. Avec succès : le 6 octobre, le tribunal de commerce de Nanterre a interdit au site d’information de sortir tout nouveau papier sur le sujet. Mais selon les informations de l’Informé, le propriétaire de SFR ne s’est pas arrêté là : il s’en est aussi pris à France Culture. Le 26 septembre, il a demandé à la justice de supprimer une chronique de 5 minutes diffusée deux semaines plus tôt sur la radio publique, et toujours accessible en ligne. L’émission décrit le leak dont a été victime le milliardaire. Le journaliste Mattéo Caranta y explique notamment : « cette fuite de documents nous fait entrer dans l’intimité de la famille Drahi :  de la marque de bonbons que l’homme d’affaires souhaite avoir dans son jet privé, aux achats de diamants et de voitures de sports en tous genres, jusqu’à son horreur des tomates, et aux enquêtes que mène son service de sécurité à la moindre tâche sur son canapé… Tout est consigné avec une minutie qui frise parfois l’absurde. » Il interviewe aussi le rédacteur en chef de Reflets, Antoine Champagne, qui décrit ainsi l’empire Drahi : « c’est un groupe bâti sur de la dette [...] avec toujours en tête l’idée de faire en sorte que le groupe paye le moins d’impôts possible. »

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