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Médias - Culture

CMA Média s’invite au capital de Polka, le magazine photo d’Alain Genestar

La branche média de l’armateur marseillais CMA CGM a discrètement pris une participation dans le titre créé par l’ancien patron de Paris Match. En difficulté, il a réduit sa périodicité et mise sur le succès de sa galerie.

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Le choc des photos, le poids des… actionnaires. Pour Polka, Alain Genestar a pu compter une nouvelle fois sur de prestigieux investisseurs pour remettre à flot son magazine spécialisé dans la photo. L’ancien directeur de la rédaction de Paris Match a levé en fin d’année dernière près de 800 000 euros...

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Le titre a également pu compter sur le soutien de Saint James Finance, le family office de Michael Benabou, cofondateur de Veepee (ex-Vente Privée), de HR Finance, celui de la famille Dassault, de Ginkgo (famille Fievet, Fromageries Bel) ou encore de Claude Perdriel, fondateur de SFA, de Challenges et du Nouvel Obs. « Alain est un ami dont j’apprécie le travail », explique ce dernier à l’Informé. Parmi les autres investisseurs figurent aussi Jean-François Grazi (cofondateur de Business Immo), le collectionneur Celso Gonzalez-Falla ainsi qu’Alban Denoyel, cofondateur de Sketchfab, start-up vendue à Epic Games (Fortnite). En revanche, NJJ Medias, la holding de Xavier Niel [actionnaire de l’Informé], n’a pas remis au pot, pas plus que le banquier Jean Philippe Hottinguer. Deux participants de la dernière levée de fonds de 2019 n’ont pas non plus renouvelé leur soutien que ce soit le business angel Rémi Gaston-Dreyfus ou le banquier Luigi di Vecchi.

La société éditrice de Polka a affiché l’an dernier un chiffre d’affaires en recul de 25 % à 2,55 millions d’euros, pour une perte de 334 000 euros (contre un bénéfice de près de 10 000 euros en 2023). Une baisse qui s’explique par la réduction du nombre de parutions de quatre numéros par an à deux. « Mais la fin de l’année et le début de la suivante ont été très bons, précise Genestar. L’activité galerie, qui représente plus de la moitié de nos revenus, fonctionne très bien. Nous sommes présents aux foires de New York, Bâle, Londres, Bruxelles. Et nous conservons le magazine même si le marché de la presse est difficile ». Sa fille Adélie de Ipanema, présidente de la société, mise sur des artistes connus internationalement (William Klein, Sebastião Salgado, Steve McCurry…) mais aussi sur de plus jeunes en devenir (Éloïse Labarbe-Lafon, Miho Kajioka, Édouard Elias…). « Nous vendons désormais des photos à 50 000 voire à plus de 100 000 euros. Ce qui était rare hier est aujourd’hui devenu plus commun, explique-t-elle. Le magazine, sous son format papier et numérique, continue de faire partie du concept Polka même si sa diffusion s’est stabilisée autour de 12 000 exemplaires pour le dernier numéro ».

Cette tendance est quasi générale dans le secteur. Et, avec l’érosion de leurs ventes, les journaux proposent des prix de plus en plus bas pour les clichés originaux, préférant bien souvent s’alimenter dans des banques d’images moins coûteuses. Plusieurs agences photo ont d’ailleurs été vendues ces derniers mois. En juillet dernier, Paris Match a ainsi pris le contrôle à 80 % d’Abaca qui possède un fonds de 30 millions de photos. « Demanderait-on à des journalistes de piocher dans une banque de mots pour écrire leurs articles ? Non, explique Genestar. Alors pourquoi piocher dans une banque d’images pour une photo de presse ? Ce recul est une erreur fondamentale car il s’agit d’un langage universel que tout le monde peut comprendre. Je continue à mener ce combat d’avant-garde. »