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Continuer la lectureBraquage de Kim Kardashian : le combat sans fin d’un acquitté pour laver son honneur
Florus Heroui se bat depuis sept ans pour prouver que des passages du livre La Nuit de Kim Kardashian publié par Pauline Delassus sont diffamatoires et ont violé le principe de la présomption d’innocence. Sans succès jusqu’ici.
« Je vous pardonne. » Le 13 mai 2025, Kim Kardashian témoignait à la barre du Palais de justice de Paris face aux braqueurs qui l’avaient attaquée en octobre 2016. En pleine fashion week, la star américaine avait été séquestrée au sein de l’hôtel particulier où elle logeait, le No Address. Les voleur...
Pour autant, Florus Heroui n’en a pas fini avec les tribunaux… mais cette fois, c’est lui qui demande justice. En effet, depuis 2019, l’ex-accusé enchaîne les procédures contre l’autrice et l’éditeur de La Nuit de Kim Kardashian, un ouvrage écrit par la journaliste Pauline Delassus mettant en parallèle le destin de la milliardaire américaine et celui d’un des braqueurs, Aomar Aït Khedache dit « Omar le Vieux » (finalement condamné à 8 ans de prison dont 5 avec sursis).
Dans l’ouvrage, l’ex-plume de Paris Match, aujourd’hui journaliste à La Tribune, évoque un certain « Flo, patron du bar de la rue de Bretagne et délinquant reconnu », dont le bistrot serait devenu un « point de ralliement ». À propos de lui et de nombreux autres personnages, elle écrit : « Tous, ou presque, sont de vieux clients du Quai des orfèvres, le 36 (ndlr : adresse historique de la police judiciaire parisienne), où s’est écrite leur légende personnelle, comme celle de la police judiciaire. Après Maigret et Mesrine, ils ont monté les 148 marches du fameux escalier. Ils se prennent pour des seigneurs parce qu’ils connaissent l’élite de la PJ. »
Florus Heroui lance alors deux procédures. D’une part, il attaque pour atteinte à la présomption d’innocence. Mais malgré une rapide victoire en référé en juillet 2020, il est débouté en première et seconde instances puis devant la Cour de cassation, comme nous le révélions en septembre 2023. L’affaire fait aujourd’hui l’objet d’une requête devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), toujours en cours, nous assure l’avocate de « Flo », Marie Cornanguer.
En parallèle, le gérant de bar porte plainte pour diffamation. Il est d’abord débouté devant le tribunal judiciaire, puis en appel. En février 2025, toutefois, la Cour de cassation casse et annule l’arrêt de la cour d’appel. La raison avancée ? « Les termes ‘professionnel du crime’, ‘habitué du 36’ et ‘délinquant reconnu’, pris dans leur ensemble et qui impliquent par eux-mêmes que la partie civile a été l’objet de condamnations pénales, contiennent l’allégation d’un fait précis et déterminé de nature de porter atteinte à l’honneur ou à la considération de celui auquel il est imputé. »
L’affaire est donc repartie devant la cour d’appel… qui vient de doucher les espoirs de Florus Heroui. Si l’ex-accusé demandait solidairement 10 000 euros à l’autrice Pauline Delassus ainsi qu’au directeur de publication de Grasset Olivier Nora au titre de son préjudice moral, il a encore une fois été débouté selon nos informations. Bien que, lors de l’audience, l’avocat général ait formulé des observations sur le « manque de prudence de la journaliste » ainsi que la « violation choquante du secret de l’instruction », la cour a finalement confirmé le jugement de première instance. Pour elle, « le bénéfice de la bonne foi » de l’écrivaine devait être retenu, et « il serait disproportionné de condamner cette dernière pour avoir utilisé les deux seuls mots (ndlr : délinquant reconnu) retenus comme diffamatoires, visant une partie civile qui n’a pas engagé d’autres poursuites en diffamation envers les nombreuses publications relatives à cette affaire, alors que l’imputation est confortée par une certaine base factuelle et que l’expression litigieuse est contenue dans un ouvrage écrit sur un sujet participant à un débat d’intérêt général. »
« Nous sommes ravis pour notre journaliste qui n’a fait que son travail, s’est réjouie auprès de l’Informé Marine Viegas, avocate de Pauline Delassus et de Grasset. L’acharnement de Florus Heroui à empêcher la presse de faire son travail est stupéfiant. Nous espérons que le message est passé. » Visiblement pas : à l’Informé, la défense de « Flo » assure avoir d’ores et déjà formé un pourvoi en cassation contre l’arrêt de la cour d’appel de Paris.