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Continuer la lectureArte, Alain Bauer… le producteur Jacques Kirsner en liquidation suite à de multiples procédures
Le célèbre criminologue avait écrit une fiction et un documentaire pour le cinéaste. Mais, comme la chaîne franco-allemande, il avait dû l’attaquer en justice pour être payé.
Clap de fin pour Jem Productions. Fondée en 1994 par Jacques Kirsner, ex-figure de mai 68 (il avait dirigé l’organisation de jeunesse du parti trotskiste OCI) reconvertie dans le cinéma et la télévision, la société vient d’être liquidée. La malheureuse conclusion d’un mauvais film commencé en 2013, l...
En 2015, un plan de continuation avait été adopté, prévoyant le remboursement sur 9 ans de 1,6 million d’euros de dettes. Dans ce cadre, le catalogue de films avait été vendu à Orange en 2015 pour 450 000 euros. L’ancien militant avait aussi indiqué au tribunal chercher des investisseurs, mais sans aboutir.
Finalement, Jacques Kirsner a eu bien du mal à honorer ses promesses. Par deux fois, il a demandé à décaler les échéances dues (en 2020 puis en 2023), ce que le tribunal lui a accordé. Mais il n’a plus rien réglé depuis début 2024, alors qu’il reste encore 500 153 euros à rembourser. Face à cela, le tribunal de commerce a prononcé la liquidation judiciaire ce 24 avril.
Plusieurs créanciers ont aussi dû saisir la justice pour se faire payer. En 2021, Arte a réclamé 300 000 euros au titre d’un accord de coproduction. Et, en octobre dernier, Alain Bauer a saisi le tribunal pour obtenir 20 800 euros. Le célèbre criminologue, qui coanime l’émission hebdomadaire Au bout de l’enquête sur France 2, avait écrit les deux dernières productions de l’ex-trotskiste, toutes deux achetées par France 3. D’abord, une série documentaire baptisée Aux origines des terrorismes, pour laquelle il devait toucher 60 000 euros. Ensuite, une fiction, l’École des espions où un cachet de 34 000 euros lui avait été promis, sur un budget global de 2,1 millions d’euros. Contacté, Alain Bauer reconaît que « si les projets ont connu des évolutions et parfois des réductions de voilure, ce qui n’était pas de la responsabilité de Jem Productions, tout ce qui était dû a été in fine réglé. À ce jour, il n’existe aucun contentieux financier »*.
Jacques Kirsner n’a plus rien produit pour le grand écran depuis 2017. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. En 2018, il avait posé une option sur le roman de Camille Pascal, Le goût du roi, qui se déroule sous Louis XV. L’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy devait coécrire le scénario (rémunéré pour cela 100 000 euros), Yves Angelo assurer la réalisation, et Orange coproduire. Depuis 2020, il tentait aussi d’adapter le roman La belle de Casa de Jean Bofane, l’histoire d’un assassinat à Casablanca, dont il voulait confier la réalisation à Leïla Kilani. Enfin, en 2022, il s’était lancé dans une suite des Nouveaux chiens de garde, un documentaire sur les médias sorti en 2011.
Jem Productions était la principale source de revenus de Jacques Kirsner, aujourd’hui âgé de 78 ans. Sa société avait cessé de lui verser des dividendes, mais le rémunérait comme producteur et scénariste, à hauteur de 203 497 euros en 2020, puis 148 200 euros en 2021.
Contacté, Jacques Kirsner s’est refusé à tout commentaire. Il nous a renvoyé vers un texte publié sur son site où il indique avoir « plein de projets » en tant que scénariste. Peut-être tentera-t-il de les faire aboutir avec d’autres producteurs ?
* Ajout de la réaction d’Alain Bauer à 14h, le mercredi 30 avril.