Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Médias - Culture

Agression sexuelle sur le tournage de Koh-Lanta : le producteur en guerre avec son assureur

Après avoir dû renoncer à une saison entière du programme en 2018, Adventure Line Productions (ALP) s’est retournée contre sa compagnie d’assurances Albingia. La filiale de Banijay estime que l’annulation de l’enregistrement lui a coûté plus de 12 millions d’euros.

Photo
Joujou234 / Wikimedia Commons

L’affaire avait fait grand bruit. En mai 2018, le tournage de la 19e saison de Koh-Lanta avait été subitement arrêté suite à la dénonciation d’une agression sexuelle par l’une des participantes, Candide Renard. La fille de l’entraîneur de football Hervé Renard expliquait s’être « réveillée alors que le mis en cause était en train de l’embrasser sur la bouche, avant de pratiquer des attouchements sous ses vêtements ». Après avoir pris connaissance des faits, la société productrice du programme, ALP (Adventures line productions), avait décidé d’interrompre le tournage, estimant qu’il était « impossible de poursuivre cette nouvelle édition dans des conditions suffisamment sereines ».

L’auteur présumé, Eddy Guyot, a été mis en examen en novembre 2022. Clamant son innocence, l’ex-candidat a demandé l’annulation de cette mesure, sans succès : il a été débouté en mars dernier. Mais, selon nos informations, une autre affaire judiciaire a découlé de ces évènements. Elle concerne cette fois ALP et son assureur Albingia. Car, sans surprise, ces évènements ont coûté une petite fortune à la filiale de Banijay : s’estimant couverte par son contrat, elle s’est donc retournée contre sa compagnie d’assurances pour lui réclamer la bagatelle de 12,6 millions d’euros. Le coût de l’annulation d’une saison, selon le producteur. Albingia refusant de payer, elle l’a attaqué devant le tribunal de commerce, avec, pour justifier la lourde somme demandée, une évaluation détaillée des frais investis non récupérables et de la marge commerciale de l’émission.

Mais voilà, à écouter l’assureur, si le contrat prévoyait bien une garantie versée « en cas d’accident », elle ne couvrait pas « les pertes pécuniaires consécutives à des troubles d’ordre psychiatrique et psychologique pour les seuls candidats participants ». Or, le stress post-traumatique de la jeune femme avait été invoqué pour justifier l’arrêt de la saison. S’ajouterait, en outre, selon la compagnie, un problème de procédure : la déclaration de sinistre aurait été faite « après que la décision d’interruption du tournage a été prise, sans que l’assureur ait pu discuter avec l’assuré de solutions alternatives permettant de limiter le montant du sinistre ».

Pour eux, « la vraie raison » de l’annulation tenait en réalité « aux difficultés rencontrées depuis le début du tournage » et l’agression présumée n’avait été « que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ». L’ensemble de ses arguments ont finalement convaincu le tribunal de commerce de Paris, qui a débouté la production de Koh-Lanta de ses demandes mi-2022. Pas prête à abandonner ses millions, ALP a fait appel de cette décision... avant que les deux parties se mettent d’accord pour entrer en médiation. Une tentative de résolution à l’amiable que la Cour d’appel de Paris a finalement entérinée il y a quelques jours : elle laisse aux protagonistes jusqu’au 10 novembre pour lui soumettre leur protocole d’accord.