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Continuer la lectureGrâce à Hanouna et Nagui, Stéphane Courbit empoche un nouveau jackpot
Le producteur audiovisuel a touché une rémunération de 16,9 millions d’euros, en hausse de 21 %, à laquelle s’ajoutent 61,5 millions d’euros de dividendes.
Touche pas à mon poste, Koh-Lanta, N’oubliez pas les paroles !, les 12 coups de midi, Fort Boyard, Miss France, les Marseillais… Si tous les Français connaissent ces émissions à succès, peu savent qu’un seul et même producteur se cache derrière : Stéphane Courbit. Inconnu du grand public, cet homme discret est pourtant l’un des patrons les mieux payés de France. L’an dernier, il a empoché un chèque de 16,9 millions d’euros, en hausse de +21 %, selon nos informations. Des émoluments bien supérieurs à ceux perçus, en moyenne, par les dirigeants du CAC 40 : 7,9 millions d’euros en 2021, selon la dernière étude de Proxinvest.
Derrière ce jackpot, on trouve un système de rémunération discret. En effet, la somme ne lui est pas versée à lui directement, mais à sa holding familiale Lov Group Invest. Par ailleurs, son groupe, FL Entertainment, n’est pas coté à Paris, mais à Amsterdam. La formule est aussi plutôt élaborée : le montant, touché, en cash (et non en actions), est entièrement variable, indexé sur les résultats des deux branches de son petit empire. Président de Betclic, Stéphane Courbit perçoit d’abord 2 % de la marge brute du site de jeux en ligne. En outre, en tant que patron de Banijay, il gagne 0,19 % du chiffre d’affaires consolidé du groupe audiovisuel, plus 1 % de l’excédent brut d’exploitation. Cette formule très avantageuse a permis à ses émoluments (pour la seule part Banijay) d’exploser, passant de 1,6 million d’euros en 2014 à 4,5 millions entre 2016 et 2019, puis 5,5 millions en 2020, et enfin 7,5 millions en 2021.
Une société pourtant en perte de 81 millions d’euros
À noter que l’équation ne tient pas compte du cours de Bourse. Un choix judicieux puisque l’action, introduite à 11,50 euros, est tombée depuis en dessous des 10 euros. Ce mode de calcul n’intègre pas non plus le résultat net de FL Entertainment. Là encore, un parti pris heureux : cet indicateur-là, plombé par les intérêts à payer sur la lourde dette, n’est pas brillant. L’an dernier, les pertes nettes se sont creusées de 11 %, à -81 millions d’euros.
Malgré ce déficit, Stéphane Courbit a décidé de distribuer 150 millions d’euros de dividendes, sur lesquels il a droit à 61,5 millions d’euros, en tant que premier actionnaire de FL Entertainment, avec 41 % du capital [*]. Une participation qui vaut aujourd’hui en Bourse environ 1,6 milliard d’euros.
À côté de ce tas d’or, son bras droit François Riahi apparaîtrait presque comme un miséreux. Le salaire de cet ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Élysée s’élève à seulement 525 000 euros. Une augmentation de sa rémunération annuelle a toutefois été adoptée en novembre dernier : gonflé de 43 %, son salaire atteint désormais 750 000 euros. En outre, il est aussi directeur général de Financière Lov, une holding qui rassemble les actifs de Stéphane Courbit, dont notamment FL Entertainment. À ce titre, il a droit à un salaire supplémentaire de 700 000 euros.
Contactée, la porte-parole de FL Entertainment n’a pas répondu.
[*] la participation de Stéphane Courbit est détenue via une cascade de holdings intermédiaires, qui lui permettent de détenir 72,4 % des droits de vote dans FL Entertainment. Les 61,5 millions d’euros de dividendes sont la somme théorique que toucherait sa holding familiale si chaque holding intermédiaire faisait remonter la totalité des dividendes reçus.
Les millions d’Alain Minc
Alain Minc, célèbre conseiller des hommes d’affaires et des politiques, épaule de longue date de Stéphane Courbit. A ce titre, il a touché 500.000 euros HT en 2021 (dernier chiffre connu). Mais ce n’est pas tout. Le septuagénaire est aussi administrateur de FL Entertainment et membre du conseil de surveillance de Lov Group Invest (la holding familiale de Stéphane Courbit) aux côtés de Nicolas Sarkozy. Des mandats qui lui permettent de toucher, respectivement, 35 000 et 50 000 euros en jetons de présence.
Surtout, Stéphane Courbit lui a octroyé une petite participation dans une holding intermédiaire, Financière Lovt. Alain Minc cède ses titres au fil de l’eau : il en a vendu pour 1,5 million d’euros en 2021. Mais il en détient toujours 2,09%, valorisés environ 40 millions d’euros si l’on se base sur la capitalisation boursière de FL Entertainment.
Le reste du capital de Financière Lov est possédé par Fimalac (avec 6% acquis en 2019 pour 50 millions d’euros) et les managers (dont François Riahi).