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Médias - Culture

Banijay (Koh-Lanta, Nagui…) réduit la voilure en France

Sur fond de baisse des commandes de France Télévisions et TF1, le groupe de Stéphane Courbit supprime une quarantaine de postes, dont ceux de nombreux cadres dirigeants.

Alexia Laroche-Joubert et Stephane Courbit
Alexia Laroche-Joubert et Stephane Courbit Abdullah Firas /ABACA

Soupe à la grimace chez Banijay France. Le groupe de production de Stéphane Courbit est en train de supprimer au moins une quarantaine de postes dans l’Hexagone. Les équipes en charge des programmes de flux (jeux, télé-réalité) comme celles responsables des fictions sont touchées. Parmi elles, plusie...

Aucun plan de départ n’a toutefois été formalisé, ce qui peut s’expliquer par deux raisons. D’abord, les départs se répartissent en deux vagues d’ampleur comparable : une première survenue en novembre, une seconde en cours. Ensuite, le groupe Banijay, bien qu’employant plus de 300 permanents en France (hors intermittents), est un assemblage de dizaines de sociétés de production de petite taille (cf. liste ci-dessous). « Il n’y a ni CSE, ni représentant du personnel, ni UES », assure un connaisseur de l’entreprise.

Ces coupes dans les effectifs pourraient résulter d’une baisse des commandes des chaînes télé, notamment de France Télévisions qui représente près d’une centaine de millions d’euros de chiffre d’affaires pour le petit empire de Stéphane Courbit (Fort Boyard, N’oubliez pas les paroles, Drag race, OPJ…). Le service public, qui multiplie les plans d’économies, vient ainsi d’annuler Intervilles, le jeu mythique relancé l’an dernier. Lors d’une récente audition à l’Assemblée nationale, Alexia Laroche-Joubert assurait : « France Télévisions nous a demandé de réduire de 5 % nos budgets sur le flux. Il a été extrêmement douloureux pour nous de procéder à cet ajustement, en prenant des décisions importantes sur nos programmes, parfois en proposant des best of. Certaines commandes ont été résiliées, et nous avons perdu des programmes, comme la deuxième partie de soirée de Fort Boyard ou la Carte aux trésors, qui n’a pas été commandée cette année. » Mais le groupe TF1, inquiet de la baisse des ressources publicitaires, s’est aussi retourné vers ses producteurs. La Une a ainsi renoncé à Amélie Grangé, une série de 8 épisodes que lui avait proposée un des labels de Banijay, Authentic Prod. Côté plateformes, l’heure est également à la baisse des investissements chez Netflix notamment… alors que l’offre de fiction a explosé : une profusion de producteurs venant du cinéma, de la publicité, ou du flux comme Banijay se sont en effet rués sur le filon des séries ces dernières années.

Selon certaines sources, Jean-Louis Blot, actuellement président de la principale filiale de flux, Endemol France, pourrait prendre du galon et superviser toutes les productions dans ce domaine, hormis KM et l’ex Air Productions de Nagui. Interrogée, la porte-parole de Banijay France s’est refusée à commenter nos informations, sauf pour indiquer que « Alexia Laroche-Joubert reste CEO de Banijay France. Les activités de flux et de fiction restent dans son périmètre. Toutes les équipes, flux (Jean-Louis Blot) et fiction lui reportent ».

Banijay reste le premier producteur d’émissions de flux du pays, et le quatrième producteur de fiction (Montmartre, Sam, Je te promets, Culte…), selon le dernier classement du magazine Écran total. Également auditionné l’Assemblée nationale, le directeur général du groupe François Riahi assurait que la production audiovisuelle en France représentait « moins de 5 % du chiffre d’affaires global », soit moins de 250 millions d’euros en 2025.

Contactée, Alexia Laroche-Joubert s’est refusée à tout commentaire, tandis que Sébastien Petiot, John Nicolas, Guillaume Thouret n’ont pas répondu.

NB : article modifié à 17h suite à la réponse de la porte-parole de Banijay France.

Les sociétés de production en France