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Luxe

LVMH : la famille Arnault empoche un nouveau dividende record

Bernard Arnault et ses cinq enfants profitent de l’envolée des ventes du groupe de luxe, notamment en Asie.

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DENIS CHARLET / AFP

A coup sûr, le chiffre va faire parler. En 2023, Bernard Arnault et sa famille, propriétaires de 48,6 % de LVMH, avaient provoqué la polémique en se versant 2,9 milliards de dividendes. Cette année, ils toucheront encore un peu plus. Le clan va percevoir 3,17 milliards d’euros de dividendes, un chiffre en hausse de 9 % par rapport à l’an dernier et bien supérieur à l’inflation (4,9 % selon l’Insee). Il faut dire que les résultats du groupe de luxe sont exceptionnels : les ventes se sont une nouvelle fois envolées, à plus de 86,15 milliards d’euros, pour un bénéfice net de 15,17 milliards d’euros. L’Asie a représenté près d’un tiers des revenus, devant les États-Unis (un quart), tandis que la France pèse seulement 8 %.

Les Arnault touchent davantage d’argent que l’an dernier, pour deux raisons. D’une part, le dividende par action proposé par la direction est plus important, à 13 euros contre 12 euros l’an passé. D’autre part, la famille est encore montée au capital, de 48,18 % à 48,6 %.

Via différentes entités, elle possède maintenant plus de 243,9 millions de titres du géant tricolore. Leur participation est détenue pour l’essentiel par la société française Agache SE (ex-Groupe Arnault). Elle-même appartient à la holding luxembourgeoise Scheffer Participations (pour 5,4 %), et à trois structures belges : Pilinvest Participations (pour 26,5 %), Pilinvest Investissement (pour 38,4 %), et Belholding Belgium (pour 16,1 %). Cette dernière est contrôlée par une autre holding luxembourgeoise, Delcia.

Que devient ce tas d’or ? Difficile à dire puisqu’Agache SE ne publie plus ses comptes depuis 2019. Une chose est sûre, elle n’a pas distribué de dividendes entre 2011 et 2018 (dernière année disponible), gardant ainsi en réserve 1,9 milliard d’euros de bénéfices cumulés.

Parallèlement, tout en haut de la pyramide, les deux holdings belges Pilinvest Participations et Pilinvest Investissement n’ont versé aucun dividende à leur actionnaire Bernard Arnault depuis leur création en 2016 - et elles sont même déficitaires. Le milliardaire n’a donc, logiquement, pas eu à régler d’impôts sur les dividendes.

Au-delà des dividendes, la valeur de la participation des Arnault a bondi. Les très bonnes performances de la multinationale ont poussé le cours de Bourse : le géant du luxe est désormais valorisé près de 390 milliards de dollars. Interrogé à ce sujet dans le Figaro, le PDG expliquait : « je contrôle le groupe, parce que j’en suis à l’origine, c’était une start-up au début. La valorisation est le résultat de la confiance des marchés et de nos perspectives. » Elle fait aussi de lui l’un des hommes le plus riche du monde (185 milliards de dollars selon Bloomberg), podium qu’il se dispute avec l’américain Elon Musk (205 milliards de dollars). Contacté, LVMH n’a pas répondu à nos sollicitations au moment de notre publication.