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Luxe

Les vrais chiffres de Balenciaga, l’autre pépite de Kering

Propriété du groupe de François-Henri Pinault comme Gucci et YVes Saint Laurent, la marque de luxe a enregistré des ventes en forte hausse en 2022. Une belle année toutefois ternie par la polémique sur des campagnes de pub douteuses...

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RICCARDO MILANI / Hans Lucas via AFP

Au 40 rue de Sèvres, samedi 16 septembre, la queue s’étire devant le siège parisien de Balenciaga. En ces Journées européennes du Patrimoine, la marque du groupe Kering expose certaines archives de son fondateur Cristobal Balenciaga. Plus d’un siècle après sa création, la maison attire toujours. Les chiffres le confirment. Selon les comptes récupérés par l’Informé - des chiffres que le géant du luxe se garde bien de diffuser dans ses publications financières - Balenciaga SAS a enregistré des ventes en hausse de 17 % l’an dernier, à 1,39 milliard d’euros, pour un bénéfice net de 215 millions d’euros. Au sein du groupe, la griffe talonne ainsi Bottega Veneta, elle-même derrière Saint-Laurent et la figure de proue Gucci.

À l’origine de ces performances ? Un succès solide en Asie. Le chiffre d’affaires de sa filiale à Shanghai a atteint 304 millions d’euros l’an dernier, celui de son entité thaïlandaise 196 millions… Pour poursuivre sur sa lancée internationale, la marque entend se renforcer au Moyen-Orient. Au Qatar, où elle a créé l’an dernier une joint-venture, Fashion Luxury Trading, avec un partenaire local (elle détient 49 % de la structure). Mais aussi en Arabie saoudite. Le pays fait office de nouvel eldorado depuis que le gouvernement de Mohammed ben Salmane a choisi l’industrie du luxe comme l’un des piliers de sa stratégie de diversification économique, dans le cadre de son plan Vision 2030 : la création d’une Fashion Commission en 2020 a institutionnalisé cette volonté. Dernier axe de développement à l’étranger, Balenciaga mise également beaucoup sur le Brésil, où la direction de Cédric Charbit a enregistré une filiale en février 2023. Une première boutique avait été ouverte dans un centre commercial de São Paulo deux ans auparavant.

Reste à savoir quel sera l’impact, dans le temps, du scandale provoqué par la griffe fin 2022. En novembre, une campagne publicitaire, mettant en scène de très jeunes enfants tenant dans leurs bras des peluches vêtues de tenues sado-maso en cuir noir clouté, a suscité la colère de nombreux internautes. À tel point que certains partenaires de la marque ont remis en question leurs liens avec la griffe. La star américaine de téléréalité Kim Kardashian a ainsi déclaré « réévaluer » son contrat d’égérie. Difficile de savoir à quel point ce scandale pèsera sur les performances financières de la filiale de Kering en 2023. En attendant les résultats, la société a opté pour un revirement stratégique en matière de communication, devenue plus sobre, et peaufine les derniers détails de son défilé parisien, prévu le 1er octobre à l’occasion de la fashion week.
Contacté, le groupe n’a répondu à nos sollicitations.