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Luxe

La fortune déboursée par Kering pour s’offrir le parfumeur Creed

Après l’échec du rachat de Tom Ford, le groupe de luxe dirigé par François-Henri Pinault a décidé de dépenser une somme colossale pour acquérir cette historique maison indépendante. L’Informé révèle les détails de l’opération.

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BERTRAND GUAY / AFP

Hors de question de revivre le loupé Tom Ford. Kering, numéro deux mondial du luxe, n’avait pas totalement digéré l’échec de sa candidature au rachat de la marque l’an dernier, emportée par l’américain Estée Lauder pour 2,8 milliards de dollars. Pour éviter un nouveau revers, le groupe dirigé par François-Henri Pinault vient de dépenser une véritable fortune pour s’offrir la maison anglo-française de haute parfumerie Creed. L’opération valoriserait l’entreprise légèrement plus de 3 milliards d’euros, a appris l’Informé. Un prix qui dépasse de loin l’estimation faite par les analystes de RBC, comprise entre 1 et 2 milliards d’euros. La transaction, réalisée en numéraire, devrait être conclue au second semestre.

Les actionnaires de Creed, BlackRock et le dirigeant Javier Ferrán, peuvent se frotter les mains. « Kering n’a pas lésiné sur les moyens, réalisant l’une des plus grosses acquisitions de son histoire », confie un proche du dossier. Il faut dire que les performances de la maison, dont les fragrances sont distribuées dans 1400 points de vente dans le monde, sont pour le moins impressionnantes. Selon nos informations, le parfumeur affiche une marge d’Ebitda de près de 50 %, pour un chiffre d’affaires ayant dépassé 250 millions d’euros au cours de son exercice clos le 31 mars 2023. Or dans le secteur, le niveau des valorisations s’avère extrêmement élevé. L’Oréal, qui fait office de comparable de référence, caracole régulièrement autour de 25 fois son excédent brut d’exploitation.

Grâce à cette acquisition, François-Henri Pinault, conseillé par le bureau parisien de Centerview Partners, érige les premières pierres de la nouvelle division Kering Beauté, pilotée depuis février par Raffaella Cornaggia, une ancienne cadre de chez Estée Lauder. Par là même, le propriétaire des marques Gucci et Saint Laurent met un pied dans le marché stratégique de la haute parfumerie, marqué par une très forte croissance : selon Bain, le segment des jus ultra premium est estimé à 5 milliards d’euros, en croissance de 15% par an.

Contactés, Kering et Blackrock n’ont pas souhaité commenter. De son côté, Centerview Partners n’a pas répondu.