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Luxe

Kering arrête l’aventure avec la start-up anglaise Cocoon

Le groupe français avait pris une participation dans cette plateforme de location de sacs à main de luxe, qui suscitait un certain engouement en collant aux nouvelles habitudes de consommation.

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CINDY ORD / Getty Images via AFP

Plutôt que d’acheter un sac à main de luxe coûtant plusieurs centaines ou milliers d’euros, Cocoon, une start-up anglaise créée en 2019, s’est positionnée sur le créneau de la location. En échange du paiement d’un abonnement mensuel, Cocoon permet « d’emprunter une multitude de sacs à main de luxe à un prix inférieur à celui d’un café quotidien » selon l’argumentaire déployé sur son site internet. Ce système qui colle aux nouvelles habitudes de consommation avait tapé dans l’œil du groupe de luxe Kering dont plusieurs marques sont concernées par ce type de service (sacs Gucci, Saint Laurent, Bottega Veneta). En 2021, le groupe français dirigé par François-Henri Pinault, avait participé à un tour de table pour entrer au capital de Cocoon. Et dépensé environ 640 000 euros pour détenir 8,1 % de la jeune pousse, à l’occasion d’une levée de fonds qui portait le total des sommes levées à plus de 2,5 millions de livres (2,9 millions d’euros). Cette entrée d’argent frais devait permettre d’augmenter le nombre de sacs en stock, et de développer ce business très en phase avec l’économie circulaire et la seconde vie des produits. Mais, selon nos informations, Kering a cédé cette participation minoritaire récemment, ce qui nous a été confirmé par le groupe, sans en préciser les raisons.

Peut-être que les perspectives de développement envisagées n’étaient pas au rendez-vous. Ou que la trajectoire financière de la maison mère de Cocoon n’allait pas dans le bon sens. Avec un cumul de pertes qui n’a cessé de s’accroître : de 1,17 million de livres en 2021, il a gonflé continuellement pour atteindre 3,2 millions de livres, soit 3,7 millions d’euros, au 31 mars 2024. À moins que le groupe de luxe, qui traverse une crise, n’ait tout simplement décidé d’arrêter les frais pour se concentrer sur ses propres métiers. Car les ventes de Kering ont plongé de 12 % en 2024 à 17,2 milliards d’euros, handicapées notamment par les mauvaises performances de Gucci, tandis que la marge opérationnelle fondait, passant de 24,3 % fin 2023 à 14,9 % fin 2024. C’est dans ce contexte de crise que Luca de Meo, ex-patron du groupe Renault, a été appelé au chevet du groupe de luxe mi-juin, au poste de directeur général - jusqu’ici occupé par François-Henri Pinault conjointement avec la fonction de président -.

Kering solde donc l’aventure dans ce pure player qui semblait prometteur. À l’occasion de la présentation des résultats annuels du groupe début 2018, François-Henri Pinault avait déclaré regarder « les modèles de souscription.» « Je n’aime pas le mot location car ce n’est pas exactement ça : il s’agit plutôt d’une sorte d’abonnement proposé sur certains types de produits, avait-il précisé. Cela existe aujourd’hui dans l’univers du mass-market. Cela n’existe pas dans l’univers du luxe. La question qui se pose, c’est est-ce qu’on peut amener ce modèle-là dans le luxe ? » Avec quelques années de recul, la réponse est vraisemblablement non. En tout cas pour les sacs à main… 

Un attrait pour la seconde main dans le luxe avec Vestiaire Collective

En 2021, Kering investissait dans la société britannique Cocoon, mais prenait aussi une petite participation (4,48 %) en échange de 50 millions d’euros dans Vestiaire Collective, une autre plateforme spécialisée dans la seconde vie des produits et vêtements de luxe. Cette entreprise - française - cherche également la recette de la réussite en proposant sur son site et son application du prêt-à-porter d’occasion, en se focalisant sur les grandes marques. En 2023, Vestiaire Collective a réalisé un chiffre d’affaires de 155,4 millions d’euros, mais a affiché des pertes de 106 millions d’euros. Encore très élevées, elles se réduisent progressivement puisqu’elles atteignaient 168,4 millions en 2022. L’objectif annoncé de la plateforme est désormais d’atteindre l’équilibre.