Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Luxe

Le parfumeur Juliette has a gun veut ouvrir la majorité de son capital à un fonds

Très présente aux Etats-Unis et en pleine expansion en Chine, la marque française pilotée par l’arrière-petit-fils de Nina Ricci envisage un LBO.

Romano Ricci, le fondateur de Juliette has a gun
Romano Ricci, le fondateur de Juliette has a gun Foc Kan / WireImage

Pour les non-initiés, difficile de deviner que derrière « Juliette has a gun » se cache une maison de parfums pour femmes. Son fondateur, Romano Ricci, voulait s’inspirer de la pièce Romeo et Juliette, et développer des senteurs reflétant toutes les facettes de l’héroïne shakespearienne, « tantôt féminine, boyish, autoritaire, midinette, charmeuse ou affranchie », dixit le site Web de la marque. On saura vite si cette poésie inspire le marché : dans le cadre d’un LBO, l’arrière-petit-fils de la styliste Nina Ricci prépare l’entrée d’un fonds d’investissement comme actionnaire majoritaire, a appris l’Informé. Il serait assisté par le cabinet de conseil en fusions-acquisitions Ohana & Co, spécialiste de la mode et de la cosmétique. Une poignée d’investisseurs, bons connaisseurs du secteur, ont été contactés mais l’adossement à un grand industriel est en revanche exclu : le fondateur, également directeur de la création, a la ferme intention de rester à bord. Contactés, l’entreprise et son conseil n’ont pas souhaité commenter les négociations en cours.

Déjà, fin 2020, Juliette has a gun avait ouvert 25 % de ses titres au fonds franco-chinois Cathay Capital et sa participation Ushopal. Cette plateforme devait aider le parfumeur à conquérir l’empire du Milieu et a visiblement réussi : les ventes de Juliette has a gun en Chine auraient atteint 150 millions de renminbis (20 millions d’euros) par an. De quoi accroître encore davantage le succès de la marque à l’étranger : très présente en Amérique du Nord -son premier marché- elle est aussi commercialisée dans une cinquantaine de pays, distribuée dans des grands magasins ou des chaînes de parfumerie. En France, on peut trouver ses créations - Magnolia Bliss, Not a Perfume, Music Invisible… - chez Sephora, au Printemps ou encore aux Galeries Lafayette par exemple. La maison a aussi inauguré en 2018 une boutique dans le Marais à Paris, l’endroit ayant été pensé comme une sorte de café où on peut tester des parfums en prenant une boisson.

Juliette has a gun ne publie pas ses comptes. Selon une source, son Ebitda se serait élevé à une petite dizaine de millions d’euros en 2022 pour des ventes en magasins d’environ 120 millions. Créée en 2006, la société profite de l’essor de la parfumerie dite de niche. Ce segment, valorisant les senteurs originales et les matières premières plus qualitatives, suscite l’intérêt des géants de la cosmétique - L’Oréal a par exemple racheté Atelier Cologne - comme l’appétit des fonds. BlackRock a par exemple pris le contrôle de Creed en 2019.