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Luxe

La fronde des adhérents du très chic Club Molitor à Paris

Les membres du club de sport privé du luxueux hôtel déplorent l’augmentation de ses tarifs et une série de « restrictions » à leur confort.

Piscine de l’hôtel Molitor.
Piscine de l’hôtel Molitor. Noah Moulinet

En ce vendredi gris du mois de mars, ils sont une poignée d’habitués confortablement installés dans les fauteuils cosy du 1929, le bar/restaurant de l’hôtel Molitor, dans le 16e arrondissement de Paris. Uniquement accessible aux pensionnaires de l’établissement ou aux membres de son club de sport privé, le lieu propose jus anti-inflammatoires, burger au bœuf Wagyu et autres salades (comptez 28 euros pour une « traditionnelle » césar tout de même). Ce jour-là, un bon nombre de clients sirotent un verre, le regard vissé vers leur ordinateur…

Mais sous le calme apparent, un vent de révolte souffle dans les couloirs du très sélect Club Molitor, sorte de Fitness Park pour VIP. Ici, plus de 1 000 chanceux - cadres sup’, mais aussi écrivains, personnalités politiques ou encore journalistes - profitent, en plus du restaurant, de deux magnifiques piscines chauffées à 28,5 degrés en plein hiver, d’une salle de sport dernier cri et d’une multitude de cours de sports à la mode : yin yoga, pilate reformer, séances de vélo indoor intensives, TRX… Oui, mais voilà : selon nos informations, une partie de la très chic clientèle ne digère pas l’augmentation des droits d’abonnements du complexe et dénonce en outre une « dégradation du service ».

« On a reçu une série de mails annonçant des mesures depuis le début de l’année qui n’ont pas plu », souffle un membre auprès de l’Informé. En effet, tout à la fin de sa newsletter de janvier, le club a annoncé qu’à compter du 1er janvier, « la zone de restauration du 1929 ne pourra plus être utilisée comme espace de télétravail pendant les horaires de restauration, à savoir de 11h à 15h et de 18h à 20h ». Une manière de « faire peu à peu sortir du club les cadres actifs et les télétravailleurs », dénonce l’un d’entre eux.

D’autres mesures, officiellement liées à des considérations RSE, font grincer des dents : d’abord, le changement de la politique du club concernant les serviettes et les peignoirs dans le complexe sportif. Anciennement accessibles en libre-service dans les vestiaires, ils sont désormais uniquement disponibles à l’entrée du club. Aussi, le club annonce la fin des gobelets mis à disposition, invitant les abonnés à apporter leur propre gourde. « C’est agaçant, soupire un témoin. Le système RSE a diminué la qualité de l’offre. » Sur Trustpilot, une internaute va plus loin : « Prestations médiocres […] Gestion du club en déclin. Des voleurs qui profitent des gens aisés. »

Mais c’est bien la hausse des tarifs des abonnements, annoncée début mars pour une entrée en vigueur au 1er avril, qui suscite les plus vives critiques. Comptez aujourd’hui 4 800 euros pour un abonnement solo, 4 500 euros par personne pour un abonnement duo, 3 000 euros pour un enfant de 10 à 15 ans, et même 13 300 euros pour accéder à la formule « élite ». Le tout, assorti de droits d’entrée de 2 500 euros pour un premier abonnement… « Il s’agit d’une augmentation de 20 % sur l’abonnement solo, qui était à 4 050 euros, dénonce l’un des habitués du club. Pour nous, c’est vraiment la cerise sur le gâteau. » Selon nos informations, deux pétitions ont été lancées afin de se plaindre auprès de la direction, qui a reçu les mécontents… sans opérer de changement jusqu’ici.

« Je pense continuer à payer, le club est un tel bonheur », nous indique de son côté un utilisateur assidu des piscines de l’hôtel. S’amusant de la situation, le sportif resté à l’écart du mouvement de contestation ironise : « Je vais créer le parti révolutionnaire molitorien, où l’on pourra s’appeler camarade ! Plus sérieusement, je pense que quand on peut se payer Molitor, on n’est pas à quelques centaines d’euros près. »

L’augmentation des tarifs du club pourra peut-être aider l’hôtel à redresser ses finances en difficulté : en effet, selon des documents comptables, l’établissement cinq étoiles appartenant au groupe Accor est loin d’être rentable. Le Molitor a ainsi essuyé plus de 4 millions d’euros de pertes en 2023 et près de 3,9 millions d’euros de pertes en 2024. Contacté, le Club de l’hôtel n’avait pas répondu à nos sollicitations à la publication de cet article.

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