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Continuer la lectureUn fonds du Moyen-Orient négocie le rachat de Pierre & Vacances-Center Parcs
Depuis deux ans, l’emblématique opérateur de cottages et de résidences vacances a renoué avec les bénéfices. Mais son processus de cession n’a finalement pas attiré les foules.
Après avoir frôlé la faillite pendant la crise sanitaire, puis remonté la pente au prix d’une lourde restructuration, Pierre & Vacances-Center Parcs va-t-il enfin pouvoir reprendre la route avec un actionnaire à la hauteur de ses ambitions ? C’est en tout cas le souhait du groupe coté en Bourse dirig...
« Cela n’est pas encore fait mais un accord pourrait être signé dans les prochaines semaines », souffle un proche du dossier. Les principaux compétiteurs de Mubadala Capital, ici conseillé par la banque d’affaires américaine PJT Partners, étaient anglo-saxons, en l’occurrence Platinum (propriétaire depuis 2018 d’un autre groupe de résidences vacances, Awaze) et CVC Capital Partners. La famille Maus, propriétaire de Lacoste, s’est aussi intéressée au dossier - alors qu’elle était un temps attendue auprès d’une autre enseigne mythique du tourisme français, le Club Med, qui avait été mise sur le marché en 2024. Le fonds français Montefiore était aussi de la partie, mais n’aurait pas franchi le premier tour des négociations orchestrées, côté vendeurs, par Morgan Stanley et BNP Paribas. « En raison de la complexité de cet actif composite, la plupart des fonds qui ont regardé le dossier ont préféré passer leur chemin », estime un financier.
« L’offre de Mubadala Capital est sensiblement inférieure au milliard d’euros », note un proche du dossier. Avant d’être l’objet des rumeurs, l’action Pierre & Vacances évoluait en Bourse autour de 1,4 €, laissant ainsi transparaître une capitalisation proche de 650 millions d’euros. Mais depuis, le cours a fait l’objet de spéculations, grimpant à quelque 1,8 €. Une difficulté pour l’acquéreur, qui a dans ses cartons un projet de sortie de cote pour avoir les mains libres dans les décisions stratégiques du groupe, aussi détenteur du distributeur de séjours touristiques Maeva et de 50 % du réseau d’apparts-hôtels Adagio, aux côtés d’Accor. « Le groupe immobilier de Sébastien Bazin n’est à ce jour pas vendeur, ce qui complexifie encore davantage l’opération », souligne une source.
La longueur des négociations s’explique aussi par les difficultés passées. Depuis 2022, Pierre & Vacances est contrôlé par Alcentra et Fidera (50 % à eux deux). Ces derniers sont devenus actionnaires dans la foulée d’une restructuration financière où 555 millions d’euros de dette ont été convertis en capital tandis que 200 millions d’euros de cash ont été réinjectés dans l’entreprise, alors en proie aux conséquences de la crise du Covid-19. Les deux investisseurs, qui étaient créanciers, ont été les poissons-pilotes d’une opération à laquelle a également pris part la foncière Atream, propriétaire de sites Center Parcs et Pierre & Vacances, via une holding qui pèse 8,5 % du capital et réunit aussi à son bord Bpifrance, le fonds de place Nov Tourisme géré par Montefiore, la mutuelle Carac, ainsi que le family office des Bourrelier (fondateurs de Bricorama). Un véhicule portant les intérêts de créanciers qui avaient fourni des prêts garantis par l’Etat à Pierre & Vacances pendant la crise du Covid-19 est également présent au capital, à hauteur de 11 %. C’est avec ce nouvel actionnariat que le groupe voulait tourner le dos à un épisode Covid-19 particulièrement douloureux. Au plus fort de la crise, entre mars 2020 et septembre 2021, Pierre & Vacances a cumulé 380 millions de pertes opérationnelles pour un manque à gagner de 800 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les tensions se sont aussi fait nettement sentir chez les nombreux propriétaires particuliers des appartements ou des cottages du groupe, que ce dernier loue via des baux de longue durée (neuf ans) pour les exploiter : l’entreprise a interrompu le paiement des loyers pendant plusieurs mois.
Aujourd’hui débarrassé de ses activités de promotion immobilière et pleinement recentré sur l’exploitation, le groupe est à la tête de 30 domaines Center Parcs en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et au Danemark*, ainsi que de 193 résidences Pierre & Vacances et de 130 sites Adagio répartis entre 19 pays. Il a renoué avec la rentabilité depuis deux ans et retrouve une nouvelle jeunesse. Lors de son exercice 2024-2025 (les comptes sont clôturés en septembre), son chiffre d’affaires s’est élevé à 1,94 milliard d’euros pour un Ebitda « cash » (qui reflète la génération de trésorerie opérationnelle) de 170 millions d’euros. Au début de l’automne, Pierre & Vacances n’avait plus que 50 millions d’euros de dette, des prêts immobiliers liés à des programmes destinés à la vente. Corollaire de sa montée en gamme et de la rénovation de ses parcs, l’opérateur poursuit néanmoins un coûteux programme d’investissement. Ses capex se chiffraient par exemple à 100 millions d’euros sur son dernier exercice (57 % alloués aux Center Parcs) - un montant auquel s’ajoutent 117 millions versés par les propriétaires et des tiers. L’exploitant, qui travaille à l’extension de son parc, à un objectif ambitieux : atteindre les 270 millions d’Ebitda en 2030… Un niveau de rentabilité en ligne avec ce qu’il visait initialement pour 2025 au moment de sa restructuration financière.
Contactée, la direction de Pierre & Vacances Center Parcs confirme avoir « engagé des discussions avec des investisseurs » dans le cadre de sa revue stratégique, mais elle ajoute qu’« aucun autre commentaire ne sera fait tant qu’un accord n’aura pas été conclu ou que les discussions ne seront pas terminées. »
*L’enseigne Center Parcs est exploitée au Royaume-Uni et en Irlande par une autre entreprise, Center Parcs UK. Cette société a été séparée en 2001 de Center Parcs Europe, dont le périmètre a été alors recentré sur l’Europe continentale. C’est cet ensemble qui est aujourd’hui partie intégrante de Pierre & Vacances Center Parcs.