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Continuer la lectureCes cris d’enfants qui gênent l’hôtel de luxe Bulgari
Installé près des Champs-Élysées, le palace donne sur la cour d’une école pour élèves handicapés. L’établissement a fait installer un mur antibruit… Au grand dam de certains membres du personnel.
Sur la célèbre avenue George V aussi, des conflits de quartier peuvent se nouer… Depuis plusieurs mois, la tension monte entre deux voisins de la très chic artère parisienne. D’un côté, on trouve le luxueux hôtel Bulgari, un établissement sous licence de la fameuse griffe du groupe LVMH. Ouvert il y a un peu plus d’un an, ce bijou d’architecture mêle subtile décoration italienne et magnifique vue sur les monuments de Paris, qui semblent presque à portée de main au travers des grandes baies vitrées.
De l’autre, il y a l’école de Chaillot, un externat médico-pédagogique (EMP) qui accueille des jeunes atteints de troubles psychiques. Tel était le vœu de la duchesse de Galliera : au XIXème siècle, la richissime femme a légué cet immeuble à l’Église à la condition qu’il soit utilisé pour aider des enfants handicapés. Entre les deux bâtiments du triangle d’or parisien, se niche une petite cour de récréation, sur laquelle donnent plusieurs des chambres du palace. Et c’est là tout le problème. À plusieurs milliers d’euros la nuit, hors de question que les cris d’amusement des enfants perturbent les clients ! L’hôtel a donc fait en sorte que des murs antibruit soient installés dans la cour de l’école pour limiter les nuisances sonores.
Mais l’effet serait déplorable pour le centre. « Le bruit se répercute d’un mur à l’autre, comme dans une caisse de résonance, c’est infernal », assure une source de l’établissement scolaire. Ce surplus sonore serait une cause d’agitation pour les jeunes et de fatigue pour le personnel de l’EMP, qu’ils soient dans la cour ou dans les salles de classe. « On doit maintenant fermer les fenêtres quand un autre groupe est en pause », explique un éducateur. Ces travaux laissent un goût amer, plusieurs professionnels de l’école se désolant de ne pas avoir eu leur mot à dire. « Quand on est revenus des vacances d’été, tout était là », se souvient un éducateur. « L’hôtel a davantage pris en compte le confort de ses clients que le nôtre et celui des enfants », estime une autre source de l’école.
Antoine Echard, représentant de la société propriétaire et gestionnaire de l’hôtel, explique à L’Informé : « C’est une proposition que nous avons faite et qui a été acceptée par l’association qui gère l’école de Chaillot ». Selon lui, la pose de ces murs antibruit s’inscrit dans le cadre de « travaux d’embellissement » de l’école, remboursés, au moins en partie, par le Bulgari. Des treillages en bois ont par exemple aussi été installés sur les murs extérieurs de l’établissement. « L’hôtel s’est montré généreux dans la reprise des façades et l’aménagement de la cour, affirme, de fait, le trésorier de l’EMP et président de l’association Chaillot-Galliera, propriétaire des lieux, au nom du diocèse de Paris. Et d’assurer, selon lui : « La satisfaction des enseignants et des élèves est là. »
Selon nos informations, un litige est par ailleurs en cours entre l’hôtel Bulgari et une partie de l’immeuble mitoyen. En cause, le vacarme et la poussière provoqués par les deux ans de pharaoniques travaux de l’hôtel, pour lesquels les voisins demandent dédommagements. Décidément, le palace ne s’est pas fait que des amis dans le quartier.