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Continuer la lectureSous perfusion, le verrier Arc obtient encore un coup de pouce de l’État
La préfecture a accepté la prolongation du dispositif de chômage partiel. Une vraie bouffée d’oxygène pour le spécialiste des arts de la table.
À Arques, dans le Pas-de-Calais, la nouvelle devrait soulager plus de 4 000 salariés. Selon nos informations, l’État a décidé de venir une nouvelle fois en aide au spécialiste du verre et des arts de la table Arc international : l’industriel va bénéficier d’un régime dérogatoire lui permettant de pro...
Après des échanges fructueux en mars, le préfet du Pas de Calais a validé une dérogation pour repousser la date butoir de l’activité partielle au 31 décembre 2024. D’ici là, l’État prendra en charge les heures chômées des salariés français d’Arc. Un coup de pouce de plusieurs millions d’euros. Il y a un an encore, un tiers des effectifs étaient concernés, mis au repos forcé après l’arrêt de plusieurs fours, faute de commandes suffisantes. « Arc est un fleuron et quand l’entreprise tousse, toute la région est malade », souffle Philippe Schmitt, délégué fédéral Chimie Énergie pour la CFDT.
Mais le site est loin d’être sorti d’affaires. Alors que la dérogation accordée ne pourra faire l’objet d’aucune prolongation en 2025 selon les conditions accordées par la préfecture, l’avenir reste flou. « Le niveau d’activité est faible, et nous n’avons pas de visibilité pour 2025 » nous explique un membre du CSE. La consommation ne décolle pas, l’effet JO sur la demande se fait attendre et les mauvaises nouvelles fleurissent. Coca-Cola, important client d’Arc avec des séries limitées de verres vendus chez McDonald’s par exemple, « a décidé de ne pas renouveler ce type d’opérations promotionnelles cette année, et se recentre plutôt sur le marketing » regrette un salarié.
Malheureusement, le groupe - 763 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023 – est presque habitué à vivre sous tension. Depuis plus de 10 ans, le verrier enchaîne les refinancements, restructurations et visites de ministres venus annoncer un soutien sonnant et trébuchant. En 2020, il avait fallu remettre au pot pour cause de crise sanitaire. En 2022, quelques semaines après l’homologation d’un protocole de conciliation avec les créanciers, Arc avait dû encaisser l’impact du conflit ukrainien sur ses ventes dans un pays ou, avec la Russie, les positions commerciales étaient fortes (environ 40 millions d’euros de chiffre d’affaires). Depuis, la hausse vertigineuse des prix de l’énergie et des matières premières a porté un nouveau coup dur au fabricant, dont les fours sont très gourmands en gaz : rien qu’en 2022, il a dû supporter une hausse des coûts de production de l’ordre de 100 millions d’euros. Depuis 2020, les pouvoirs publics (État, région, etc.) ont ainsi prêté, en plusieurs fois, plus de 140 millions d’euros (dont 12 millions d’euros pour payer le dépôt de garantie auprès de son principal fournisseur de gaz). L’investisseur américain Dick Cashin, propriétaire du verrier, a lui aussi mis la main au portefeuille. Contacté par l’Informé, Arc n’avait pas répondu à l’heure de notre publication.