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Continuer la lecturePlusieurs fonds s’intéressent au spécialiste de l’emballage Kestrel Vision
Avec près de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires, cet industriel lyonnais est un leader des équipements de contrôle et d’inspection des bouteilles et canettes.
Kestrel Vision fait partie de ces entreprises françaises aussi méconnues du grand public qu’incontournables dans leur secteur. Ce groupe lyonnais est un leader du contrôle des emballages : installés dans les usines, ses équipements permettent de vérifier l’intégrité des bouteilles de vins, de parfums ou de jus, mais aussi des canettes et des pots de confiture. Depuis 2017, il évolue dans le giron de Caravelle, la holding industrielle présidée par Lorène Martel. Un actionnaire qui se présente volontiers comme un investisseur de long terme et n’entend pas encore céder sa participation… Du moins pas en intégralité. Selon nos informations, Caravelle a mandaté Rothschild & Co pour trouver un autre partenaire prêt à devenir minoritaire à ses côtés. Le processus de cession a d’ores et déjà démarré et plusieurs fonds se bousculent autour de l’entreprise. La société d’investissement cotée à la bourse de Luxembourg Luxempart serait intéressée par le dossier, tout comme IK Investment Partners, Capza ou encore Towerbrook.
Prise de contrôle par les créanciers
Pour Kestrel, c’est une jolie revanche après des années difficiles. Peu de temps après la crise des subprimes, le fabricant, racheté par LBO France en 2007, s’est retrouvé confronté à un bris de covenant, c’est-à-dire au non-respect de certains objectifs financiers. Pour éviter la sortie de route, son actionnaire a dû injecter 5 millions d’euros. Un pansement insuffisant puisque l’histoire s’est répétée en 2014, contraignant le fonds à céder le contrôle du capital à ses créanciers.
Force est de constater que sous l’égide de Caravelle, le groupe a changé de visage. Celui-ci affiche aujourd’hui près de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires pour quelque 45 millions d’Ebitda. « L’actionnaire estime ne pas être arrivé au bout de l’aventure. Des acquisitions stratégiques ont eu lieu ces dernières années et il va falloir patienter avant qu’elles n’apportent toute leur valeur », estime un connaisseur du dossier. La dernière opération, menée l’an dernier, portait sur l’entreprise californienne Filtec, spécialisée dans le remplissage.
Cinq autres sociétés composent le groupe Kestrel Vision : la lyonnaise Tiama, experte du verre, l’américaine Pressco Technology, qui officie sur les canettes en métal et les bouteilles en plastique, la néerlandaise Vimec pour l’industrie pharmaceutique, l’irlandaise Somex, pour les récipients de laboratoire et enfin l’italienne Glassform.ai, à l’origine d’un logiciel d’automatisation dans la fabrication du verre. Toutes ces structures emploient 900 collaborateurs, dont 260 en recherche et développement.