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Industrie

Le groupe d’armement KNDS ajuste sa gouvernance en France

Le directeur de l’activité systèmes d’armes de la branche tricolore, qui fabrique notamment les canons Caesar pour l’Ukraine, a quitté l’entreprise.

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KAY NIETFELD / dpa Picture-Alliance via AFP

L’été a été mouvementé chez KNDS France (ex-Nexter). Fin juillet, le groupe franco-allemand spécialisé dans l’armement terrestre a procédé à un changement clé à la tête de ses activités tricolores. Selon nos informations, Sylvain Rousseau, patron de la business unit « Systèmes », a quitté l’entrepris...

Ce mouvement n’a rien d’anodin pour la branche française de KNDS, très fortement mobilisée dans le cadre de l’économie de guerre. La filiale, qui produit notamment sur son site de Roanne (Loire) les fameux canons Caesar - dont 72 doivent être fabriqués cette année pour l’Ukraine - a significativement accru ses cadences ces derniers mois. De quoi soutenir mettre la pression sur le management, alors que se profile un changement majeur aux manettes de la maison mère franco-allemande.

Doté d’une gouvernance bicéphale, KNDS est à la veille d’un vaste remaniement : en fin d’année, le CEO Frank Haun cèdera sa place à un dirigeant français, dont la recherche est engagée. Son profil donnera une idée du futur équilibre entre les entités tricolore et allemande. Problème : compte tenu des incertitudes sur la configuration du prochain gouvernement français, Paris n’est guère en mesure ces temps-ci de pousser ses pions sur le sujet face à Berlin… En 2023, le revenu consolidé de la branche hexagonale (intégrant les activités munitionnaires belges et italiennes), dirigée depuis 2021 par Nicolas Chamussy, pesait environ un milliard et demi d’euros sur les 3,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires enregistrés par ce groupe de 9 500 salariés.

Le spécialiste des munitions, des systèmes d’armes et des véhicules de combat, né de la fusion entre Nexter et Krauss-Maffei Wegmann (KMW), est à la croisée des chemins dans l’écosystème de défense européen. Le groupe a raté plusieurs occasions de s’étendre ces derniers mois. Cet été, l’italien Leonardo, avec qui il était en discussion pour mettre au point une version italienne du char allemand Leopard, a finalement choisi de s’allier avec son concurrent, le géant allemand Rheinmetall. L’annonce a été officialisée par l’industriel transalpin en juillet.

En 2024 également, le rapprochement entre le spécialiste du véhicule blindé Arquus et le fabricant de tourelles belge John Cockerill Défense - voir notre article - a aussi laissé KNDS sur le banc de touche. Le groupe, qui avait pourtant tenté de racheter en 2017 l’ancien Renault Trucks Défense au groupe Volvo, n’a pas jeté ses forces dans la bataille. « Frank Haun n’a pas vraiment mis les moyens sur ce dossier, estime une source interne. Alors même que KNDS pouvait peser en tant que client clé : il achète à Arquus ses systèmes de motorisation Volvo pour les intégrer à ses véhicules. »

Caressé par KNDS depuis plusieurs années, le rachat de l’activité munitionnaire de Thales (mortiers, roquettes…) a aussi fait chou blanc. L’industriel dirigé par Patrice Caine, qui réfléchissait à vendre ces actifs éloignés de son cœur de métier, a finalement renoncé à s’en séparer. La guerre en Ukraine ayant depuis fortement dopé son business, une nouvelle cession n’est plus à l’ordre du jour…

La remilitarisation de l’Europe pousse en revanche les ambitions de son grand rival Reinmetall (7,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires). Le conglomérat basé à Düsseldorf a dépensé 1,2 milliard d’euros en 2022 pour reprendre l’espagnol Expal. Et ses investissements sont loin d’être clos : il a racheté en août pour environ 900 millions d’euros la société du Michigan Loc Performance (chenilles, blindages…), renforçant sa percée sur le marché américain. De quoi doper encore davantage sa rentabilité, qui a atteint l’an dernier un niveau record…