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Immobilier

Les hôtels alpins Les Étincelles veulent lever un demi-milliard d’euros

En six ans, Guerlain Chicherit a bâti un véritable empire de haute montagne. Un gros investisseur va le rejoindre au capital.

La station de Tignes, en Savoie, où l’enseigne Les Etincelles compte plusieurs établissements.
La station de Tignes, en Savoie, où l’enseigne Les Etincelles compte plusieurs établissements. JEFF PACHOUD / AFP

Big bang en vue au sommet des Alpes. L’enseigne hôtelière Les Étincelles - bien connue de la clientèle huppée pour ses adresses de standing de haute altitude - s’apprête à remettre à plat son actionnariat. D’après nos informations, son fondateur Guerlain Chicherit - ex-champion du monde de ski free ride - finalise une levée de 550 millions d’euros auprès d’un richissime investisseur privé pour reprendre les différentes participations existantes dans les établissements du groupe. Si l’identité du nouvel entrant, qui aurait fait fortune dans le trading n’est pas encore connue, cette levée sera réalisée via son fonds Shams Equity créé à Dubaï pour l’occasion.

En six ans d’existence, l’enseigne Les Étincelles s’est fait un nom dans l’hôtellerie de montagne en envahissant les sommets alpins. La marque regroupe aujourd’hui 10 résidences, 20 restaurants, 19 chalets de luxe et 15 hôtels 4 ou 5 étoiles… dans quelques-unes des stations les plus célèbres de Savoie et Haute-Savoie (L’Alpe d’Huez, Les Arcs, La Plagne, La Rosière, Les 2 Alpes, Tignes, Val d’Isère, Val Thorens). Un joli patrimoine particulièrement rentable, selon les chiffres annoncés par le groupe : avec un chiffre d’affaires de 70 millions d’euros, les hôtels auraient permis de dégager près de 20 millions d’euros d’excédent brut d’exploitation (Ebitda) en 2023. Seulement voilà, l’actionnariat de ce mécano alpestre n’a aussi cessé de se complexifier au fil des ans. Acquis et rénovés après une levée globale de 480 millions d’euros auprès de banques et d’investisseurs privés (RoundShield, JP Morgan, Zimmermann), les établissements sont aujourd’hui détenus via différentes holdings totalement disparates…

« Les ventes de participations que nous entreprenons aujourd’hui visent donc un double objectif : permettre à nos financeurs historiques d’obtenir un retour sur investissement et clarifier la structure de l’ensemble en regroupant les hôtels au sein d’une seule et même holding », assure Guerlain Chicherit. Au passage, le groupe se libérera aussi d’une dette importante auprès de ses anciens investisseurs. Nicolas Chatillon, l’associé de la première heure de Guerlain Chicherit dans Les Étincelles, devrait aussi céder ses parts. Tous deux étaient jusqu’alors classés 329e au classement des grandes fortunes de Challenges.

Au terme de cette opération, Guerlain Chicherit devrait garder 51 % de participations dans l’ensemble hôtelier, 49 % revenant à son nouvel actionnaire. Le groupe conservera, par ailleurs, près de 200 millions d’euros d’emprunts bancaires, à rembourser.

La société de gestion des hôtels en redressement judiciaire

Le fondateur des Étincelles compte aussi sur cet apport financier pour renflouer sa filiale Whitegold hospitality, en difficulté. Cette structure ad hoc, support à l’exploitation des établissements (gestion des réservations, du site web…), a été placée en redressement judiciaire début novembre devant le tribunal de commerce de Chambéry, a appris l’Informé. En cause : une perte nette de 2,2 millions d’euros enregistrée sur l’exercice 2023, à laquelle se cumule une dette globale de 2,5 millions d’euros.

En effet, Whitegold hospitality, qui tire une partie de ses revenus de ceux des hôtels, a vu son autre activité de gestion de construction plombée par la crise du bâtiment. La société a ainsi été contrainte de suspendre 7 chantiers de réhabilitation (à Tignes, La Rosière, La Plagne…) dont elle avait récupéré la maîtrise d’ouvrage. « Ces difficultés ont représenté une perte sèche de chiffre d’affaires de près de 6 millions d’euros sur trois ans », précise Guerlain Chicherit auprès de l’Informé. Des difficultés qui s’apprêtent donc à être épongées. À moins que d’autres acteurs ne viennent contrarier les plans. De sources proches du dossier, plusieurs investisseurs s’intéresseraient à la société de gestion.

Le groupe met en vente quatre de ses hôtels

Le grand ménage entamé au sein de la chaîne hôtelière Les Étincelles passe aussi par la revente de quelques adresses. D’après nos informations, quatre hôtels du groupe font actuellement l’objet de mandats de vente auprès de JLL et CBRE. Trois d’entre eux se situent à Tignes : Le Levanna (4 étoiles), les Campanules (4 étoiles) et L’aiguille percée (3 étoiles). Un autre, le Carlina (4 étoiles), se trouve sur la station de La Plagne. Ces hôtels de - de 30 à 40 chambres - n’entrent plus dans la stratégie du groupe qui entend se recentrer sur des établissements de taille plus importante. Ces 4 établissements sont valorisés autour de 70 millions d’euros.