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Continuer la lectureBTP : Loxam se verrait bien avaler Locamod
Le numéro un européen de la location de matériels pour le bâtiment et l’industrie a fait une offre de rachat pour ce petit concurrent alsacien, en difficultés financières. Mais il n’est pas le seul candidat.
Après une année 2024 blanche en acquisitions, Loxam prépare une nouvelle opération de croissance externe. Une habitude pour ce géant de la location de matériels et d’outillage au BTP et à l’industrie - 2,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024, dont 1 milliard en France - qui a réalisé 30 rachats sur les quinze dernières années dont récemment Jiab en Suède, Sofranel et SCL en France, Motormac Rental et A Geradora au Brésil. Cette fois, le groupe toujours contrôlé par le président Gérard Deprez et sa famille a ciblé Locamod. Ce petit concurrent alsacien, qui compte JPMorgan, NextStage et M19 à son capital (via NMPO invest), est sous redressement judiciaire depuis juin 2024, du fait de la baisse de son chiffre d’affaires - 21 M€ estimés en 2024 contre 32 M€ réalisés en 2022 - et d’un surendettement né de plusieurs opérations de refinancement. Il est spécialisé dans la location d’engins d’élévation d’échafaudages et de bâtiments modulaires pour le BTP, avec un réseau de 17 agences, exploitées dans la grande moitié Nord du pays. Plusieurs offres de reprise ont été déposées auprès du des administrateurs judiciaires Abitbol & Rousselet et Ascagne AJ.
Parmi les acquéreurs potentiels, Loxam est le plus gros. Alors que son son marché en France est attendu en baisse en 2025 sinon en 2026, le groupe ne veut pas faiblir. Déjà fort de 1 100 agences dans 30 pays (12 800 employés dont 4 900 en France), il voudrait mettre la main sur 6 des agences Locamod (Le Havre, Pierrelaye, Bruges-Bordeaux, Fontaine-la-Louvet, Pussay, Saint-Sauveur) mais sous des baux précaires de 6 mois minimum, car il n’est pas encore certain de les conserver. L’activité des autres agences serait transférée dans ses propres sites les plus proches. Au total, 91 des 108 salariés seraient repris, avec le portefeuille de clients et les stocks. Le prix de rachat est bien modeste : 410 000 €. Mais Loxam a des explications. Près de 95% des engins et matériels de Locamod appartiendraient à des tiers, à la suite de différents accords avec des crédits-bailleurs, des loueurs et des fiducies, signés pour obtenir des refinancements. Loxam ne dit pas combien cela lui coûtera s’il réussit à racheter ce parc qui est actuellement loué à ces tiers. En revanche, il évalue à plus de 15 M€ l’investissement nécessaire au remplacement des modules de chantiers (bungalows, bases de vie, containers) vétustes.
Acces Industries s’intéresse aussi à Locamod. Mais le groupe lot-et-garonnais (155 millions d’euros de chiffre d’affaires, 700 employés) qui vient de racheter son concurrent grenoblois Huet Location, ne s’intéresse qu’à l’activité de Locamod qui pourrait renforcer son métier, la location de nacelles et de chariots élévateurs. La société, propriété du family office bordelais Delmas Investissements et Participations, propose de racheter les 316 engins de levage à Eurazeo 2A Leasing, pour 2,54 millions d’euros. Il prendrait en charge leur transfert sur ses propres sites pour un coût estimé à 158 000 €, qui sera déduit du prix d’achat. Il offre également 68 820 € pour les baux des agences de Saint-Ouen-L’Aumone et du Havre. Enfin, Accès Industries explique dans son offre qu’il présentera les postes à pourvoir dans ses 40 agences en France et son siège aux salariés de Locamod qui le souhaitent.
Également candidat au rachat, Foselev (421 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023) se concentre, lui, son offre sur l’activité de location de modules de chantier de Locamod avec les agences de Pussay et d’Arpajon et 31 salariés. Le groupe d’Aix-en-Provence, qui avait déjà repris une partie de cette activité à Locamod a fixé son prix : 4,05 millions d’euros. Cette activité attire aussi Phinancia Management, une société parisienne présidée par Paul-Henri Cécillon, manager spécialisé dans le retournement d’entreprises en difficulté (Christofle, Habitat, Sinequanone, LK Bennett, etc.). Comme Loxam, il juge que ce parc de modules est vieillissant, mais que l’activité a un bon niveau de profitabilité. Avec le directeur de cette filiale, Emmanuel Vidal, Paul-Henri Cécillon compte reprendre 27 salariés (+2 au siège), le contrat de location des 4 664 modules et les baux des agences de Pierrelaye, Pussay, Fontaine-la-Louvet et Bruges-Bordeaux. Son offre est de 15 000 euros. Enfin, un dossier vient de l’interne, autour du directeur général adjoint de Locamod, François Barraud, de 2 autres managers clés (Paul Mule et Emmanuel Vidal), rejoints par Didier Brunelin, qui a cédé une société dans ce secteur (LT), et qui vient de conseiller Locamod dans sa récente restructuration. Cette équipe se concentre aussi sur ces modules de chantier et fixe son prix à 200 000 € pour récupérer toute l’activité avec ses 31 salariés (+4 au siège) et 5 agences. Elle dit s’être rapprochée du groupe FLS d’Eric Frèche pour susciter une proposition pour le reste des activités de Locamod.
Les candidats à la reprise n’avaient pas répondu à nos questions à l’heure de notre publication.