L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureRestauration : Thierry Marx interpellé par les frondeurs au conseil de l’UMIH
Mis en cause pour ses activités et ses déclarations, le président du principal syndicat de la restauration a répondu à demi-mot. Mais reçu le soutien de la majorité des présidents départementaux présents lors d’un conseil d’administration extraordinaire.
Le rendez-vous était attendu de pied ferme par les opposants à Thierry Marx. Ce lundi 24 février à Paris, le président de l’UMIH faisait face aux 70 représentants locaux du principal syndicat de la restauration réunis en conseil d’administration extraordinaire. Cette réunion avait été acceptée par le...
« Avez-vous des dossiers compromettants sur l’UMIH et ses dirigeants, comme affirmé publiquement par Thierry Marx dans le podcast Bouillantes ? » a ainsi demandé un directeur départemental à l’état-major de l’organisation. La présidence du syndicat a toutefois refusé de répondre, s’excusant simplement de ces mots qui « auraient dépassé sa pensée ». Thierry Marx a aussi répété s’être fait piéger par le journaliste, qui lui avait pourtant demandé de confirmer qu’il était d’accord pour une interview. La direction du syndicat a aussi évoqué des enjeux de procédures, expliquant que seules les questions à l’ordre du jour de l’assemblée générale extraordinaire pouvaient être traitées.
Les soupçons de pots-de-vin ne sont pas nouveaux au sein de l’UMIH, qui supervise deux branches d’activité brassant des millions d’euros : la formation des personnels de restauration, ainsi que les mutuelles du secteur. En 2023 déjà, le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire portant sur d’éventuels faits de corruption par les organismes de prévoyance Klesia et Malakoff Humanis. L’enquête avait été classée sans suite en 2024. La déclaration de Thierry Marx a fait sortir de leurs gonds certains membres de l’UMIH, surtout dans le sud de la France. « Il s’agit d’accusations graves, au sein d’un syndicat puissant, et qui plus est proférée par son président » s’étonne l’un d’eux auprès de l’Informé.
Des questions sur le pôle formation de l’UMIH
À l’AG, les frondeurs se sont aussi intéressés aux liens entre l’UMIH et les proches de Thierry Marx. Dans l’interview à Bouillantes, le chef avait en effet déclaré : « moi je ne m’intéressais pas forcément à l’UMIH, je m’intéressais à la formation professionnelle ». De fait, sa propre structure « Panorama Cuisine Mode d’Emploi » a décroché l’agrément de l’organisation professionnelle peu de temps après l’élection de Marx à sa tête. Elle n’en bénéficiait pas jusqu’alors, notamment parce qu’elle propose une approche pédagogique différente avec des formations très courtes.
Ce n’est pas tout. Son ami et associé de longue date, Philippe Carrion, a pris la direction générale de l’UMIH et la femme de ce dernier, Véronique Carrion, est directrice générale de Panorama-Cuisine Mode d’Emploi. Et l’un des administrateurs de l’association, Thierry Daguzan, a suscité des interrogations lors de l’AG : il a en effet commencé à facturer des prestations pour l’UMIH après l’arrivée de Thierry Marx, pour un montant de 109 000 euros en 2023. Il s’agirait d’une mission sur la représentativité du syndicat, un sujet sensible sur lequel un groupe de travail se penche actuellement.
Malgré plusieurs questions restées sans réponse, une majorité de présidents de départements ont apporté leur soutien à Thierry Marx. Plusieurs pro-Marx se sont demandés pourquoi le président du syndicat était attaqué « alors qu’il est sur tous les fronts ». Alors que d’autres insistaient sur le slogan « Tous UMIH, tous unis ».
Sollicités par l’Informé, Thierry Marx et l’UMIH ont indiqué « qu’il sera apporté toutes les réponses aux questions posées hier, dans le respect du fonctionnement de nos instances ».