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Grande conso

Régimes minceur : Comme J’aime, un peu trop light sur les droits des consommateurs

La Répression des fraudes reproche à la société des méthodes de vente expéditives par téléphone, au détriment de ses clients.

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« Viviane : - 11 kg en 4 mois », « Philippe : – 24 kg en 7 mois », « Laetitia : -16 kg en 8 mois »… Pour vanter son programme de box minceur, Comme J’aime n’a jamais fait dans la demi-mesure. Le spécialiste de la perte de poids en ferait-il même parfois un peu trop pour séduire de nouveaux clients ? ...

Les débuts de l’affaire ne sont pas tout récents, mais rien n’avait été éventé jusqu’ici. Émanation locale de la Répression des fraudes, la direction départementale de protection des populations (DDPP) des Hauts-de-Seine avait prononcé l’amende en 2020. Elle faisait suite à un contrôle déclenché après des plaintes de clients. Depuis, Comme J’aime a saisi la justice pour contester. Mais, presque cinq ans plus tard, le tribunal administratif de Cergy Pontoise vient de confirmer l’essentiel de la sanction.

L’entreprise, dont les colis de repas complets coûtent de 430 € à 630 € par mois selon la durée et le programme choisis, se voit reprocher le non-respect des garde-fous prévus par la réglementation du démarchage téléphonique. Celle-ci impose au professionnel d’envoyer au client potentiel les détails de l’offre, ainsi que de recueillir son accord formel, par écrit ou par validation électronique, avant d’activer le contrat.

« Comme J’aime a toujours donné l’information requise et recueilli le consentement des consommateurs, se défend Me Benjamin Bourgeois, avocat de la société, auprès de L’Informé. Le différend [avec la DDPP] porte sur la formalisation de ce consentement.  » La société estime que le formalisme très strict exigé en cas de démarchage téléphonique ne s’applique pas lorsque le particulier a lui-même demandé à être rappelé. C’est le cas le plus fréquent : les spots de pub renvoient vers le site commejaime.fr, dont la page d’accueil incite à laisser ses coordonnées pour être recontacté.

Mais au tribunal, cet argument n’a pas fait le poids. Le juge administratif a confirmé l’application des règles du démarchage, et donc les infractions au code de la consommation. Tout juste a-t-il allégé l’amende à la marge (ramenée de 285 000 à 265 000 euros). La société va faire appel du jugement, indique Me Bourgeois.

Elle n’en est pas à sa première affaire d’entorse aux droits des consommateurs. En 2019, l’entreprise était condamnée pour pratique commerciale trompeuse par le tribunal de grande instance de Paris. En cause, la « semaine gratuite » qu’elle mettait en avant dans ses publicités à l’époque : en réalité, les clients devaient avancer le prix de trois semaines d’abonnement au programme avant un remboursement. Elle avait dû payer 10 000 euros à l’association CLCV (Consommation, logement et cadre de vie), à l’origine des poursuites.

Pour Comme J’aime, créé il y a quinze ans, la minceur est un gros business. En 2024, « on a fait une année exceptionnelle », indiquait récemment la direction au journal Libération, sans donner de précisions. Selon les derniers comptes déposés, l’entreprise réalisait en 2021 un chiffre d’affaires de 74 millions d’euros, aboutissant à un copieux bénéfice de 9,8 millions. L’activité était toutefois loin d’atteindre ses années les plus fastes : en 2018, son chiffre d’affaires avait culminé à 126 millions d’euros.