Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Grande conso

Looping, propriétaire de la Mer de Sable, se prépare à changer d’actionnaire

Mubadala, le fonds souverain d’Abou Dhabi, cherche à revendre sa participation. Avec 17 parcs à thème en Europe, Looping attire plus de cinq millions de visiteurs chaque année.

Photo
Thomas Barwick / Getty Images

Looping pourrait bien changer de mains pour la quatrième fois en douze ans. Cette entreprise à la tête de dix-sept parcs animaliers ou d’attractions - dont la Mer de sable, dans l’OIse, ou le Grand Aquarium de Saint-Malo - a actuellement pour actionnaire financier de référence Mubadala, entré fin 2019. Mais le fonds souverain originaire d’Abou Dhabi planche activement sur la vente de ses quelque 45 % de participation : selon nos informations, la banque d’affaires Natixis Partners a été mandatée pour gérer le dossier. L’investisseur partage le capital de Looping avec son équipe dirigeante menée par Laurent Bruloy, elle aussi en possession de 45 % des parts, tandis que Bpifrance dispose d’un peu moins de 10 %.

Les discussions vont démarrer alors que le Covid-19 et les confinements semblent loin derrière pour Looping Group et ses 1 500 salariés. En 2020, l’opérateur avait dû fermer les portes de ses établissements. Mais l’année 2022 a été excellente, avec un chiffre d’affaires proche de 180 millions d’euros, bien supérieur aux 110 millions de 2019. Pour 2023, le groupe espère dépasser nettement les 200 millions d’euros de recettes et table sur un Ebitda d’environ 65 millions d’euros, le  double du résultat enregistré avant la crise sanitaire. Mubadala bénéficie donc d’une fenêtre de tir intéressante pour se retirer avec une plus-value confortable.

Anti-Disneyland

La création de Looping remonte à 2011, quand le fonds américain HIG a racheté sept sites à la Compagnie des Alpes. Celle-ci ne voulait plus de ces établissements sous-performants et ne présentant que peu de synergies avec ses autres parcs (comme le Parc Astérix et le Futuroscope). Le Grand Aquarium de Saint-Malo faisait partie du périmètre de départ, tout comme celui du Val de Loire, le parc Bagatelle (Pas-de-Calais), Mini-Châteaux (à Amboise), et trois adresses au Royaume-Uni, au Pays-Bas et en Suisse. HIG s’est employé à les relancer, tout en s’emparant les années suivantes d’autres sites, dont la Mer de Sable. Le fonds belge Ergon, propriété de la famille du milliardaire Albert Frère, prolongera la même stratégie de croissance externe lorsqu’il rachètera la participation d’HIG en 2016. Il permettra à Looping de s’implanter en Allemagne, et au Portugal tout en continuant à se renforcer sur le sol français, où le groupe s’empare du zoo de La Flèche en 2017. Mubadala va lui aussi faire le même pari. Sous son ère, Looping s’est renforcé outre-Manche en s’offrant Drayton Manor et s’est implanté en Croatie avec le rachat de l’Aquapark Istralandia, l’un des plus grands établissements du genre en Europe du Sud.

Ensemble, les sites du groupe totalisent plus de cinq millions de visiteurs chaque année. Rien que La Mer de Sable en a attiré 400 000 en 2022, un record pour ce lieu. « Looping, c’est l’anti-Disneyland, juge un professionnel du conseil qui a travaillé dans le passé pour l’entreprise. Le pari de l’entreprise, c’est de redynamiser des parcs qui ont une bonne traction régionale, avec des prix d’entrée suffisamment attractifs pour attirer le public des alentours. »