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Aides à domicile : trois nouveaux investisseurs intéressés par Destia

Ils cherchent à rejoindre les actionnaires historiques, à l’issue de discussions ralenties notamment par les débats budgétaires.

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LIGHTFIELD STUDIOS - stock.adobe

Le monde des services à la personne est soulagé. Les particuliers qui font appel à un prestataire pourront toujours bénéficier d’un crédit d’impôts de 50 % sur leurs dépenses, dans la limite d’un plafond de 12 000 euros (15 000 euros pour des personnes de plus de 65 ans ou handicapées). Les discussions parlementaires chaotiques autour du budget 2026 laissaient craindre un tour de vis sur de certaines prestations. Il n’en sera finalement rien, l’avantage fiscal restera intact. « Le seul vrai changement apporté par la loi de finance vient du refléchage d’allègements de charges pour les bas salaires vers les rémunérations plus élevées. Mais les services à la personne ne sont pas les seuls concernés », pointe un acteur du métier.

Les débats budgétaires ont ralenti la recomposition du capital de Destia, l’une des plus grandes entreprises du secteur en France avec 9 000 collaborateurs répartis entre 170 agences. La société a ouvert mi-2025 des discussions autour d’une refonte de son actionnariat, comme l’Informé l’a révélé au printemps dernier. Le pilotage des négociations a été confié à Natixis Partners (et plus précisément par une équipe de banquiers qui vient de rejoindre Houlihan Lokey). « Beaucoup d’investisseurs se sont intéressés au dossier, mais ont préféré passer leur tour à cause des discussions parlementaires autour des avantages fiscaux, observe un proche du dossier. Il y avait pourtant de fortes chances que Destia soit épargnée, dans la mesure où l’entreprise est très tournée vers le maintien à domicile », alors que les coupes budgétaires un temps envisagées visaient davantage les dépenses dites de « confort » comme le jardinage.

Aujourd’hui, un scénario semble s’imposer : la mise en place d’un nouveau consortium d’actionnaires financiers. Selon nos informations, trois nouveaux investisseurs discutent actuellement pour débarquer ensemble au capital de la société : le fonds britannique Three Hills (dont une partie substantielle de l’investissement serait réalisée en obligations), Bpifrance et la société de gestion tricolore UI Investissement…

Ces trois acteurs ne seraient pas les seuls financiers à apporter leur contribution. Tous ceux qui étaient de la partie lors du précédent LBO de Destia penchent pour remettre au pot. Il est ainsi question que Siparex et Azulis réinvestissent une partie de leurs produits de cession pour demeurer actionnaires. La mutuelle MACSF, BNP Paribas Développement et le family office suisse Après-Demain demeureront eux aussi au tour de table. « Il n’était pas prévu que les historiques réinvestissent tous - et aussi significativement - dans cette opération, souffle un proche du dossier. Mais chacuna conclu qu’il n’était pas une mauvaise idée de resigner pour quelques années, vu les perspectives de développement du groupe sur son marché. ». L’équipe de direction pilotée par le fondateur Xavier Mura, actionnaire très significatif, pourrait donc bien se retrouver avec un consortium de fonds encore plus étoffé qu’aujourd’hui. Reste à trouver l’issue des discussions de longue haleine et sécuriser les derniers détails techniques de l’opération. Un gérant comme Siparex doit notamment se réengager via un nouveau fonds, en cours de levée, ce qui peut nécessiter un délai.

Les négociations se poursuivent alors que le groupe aurait terminé son exercice 2025 sur un chiffre d’affaires de l’ordre de 250 millions d’euros et un Ebitda d’une trentaine de millions d’euros. Le réseau prévoirait 320 millions d’euros de revenus cette année, notamment grâce aux acquisitions. « La croissance est là, mais tout n’est pas simple, pointe un intervenant. Des acteurs comme Destia doivent composer avec l’allongement des délais de remboursement des prestations par les caisses d’assurance maladie, qui dépassent souvent 70 jours contre encore une cinquantaine il y a quelques années. C’est un vrai problème pour ce marché. »