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Grande conso

Les franchisés Endurance Shop tentés de partir après la déroute de leur maison mère Go Sport

La chaîne de magasins de course à pied, un temps n° 1 du secteur, va-t-elle résister aux difficultés de son propriétaire ? Des magasins décrochent l’enseigne et d’autres réfléchissent à le faire.

France, Paris, 2023-01-26, go sport, illustration Photograph by Magali Cohen / Hans Lucas.
France, Paris, 2023-01-26, endurance shop by go sport, boutique magasin, Photographie par Magali Cohen / Hans Lucas (Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
France, Paris, 2023-01-26, go sport, illustration Photograph by Magali Cohen / Hans Lucas. France, Paris, 2023-01-26, endurance shop by go sport, boutique magasin, Photographie par Magali Cohen / Hans Lucas (Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP) MAGALI COHEN / Hans Lucas via AFP

Combien d’adhérents Endurance Shop vont déclarer forfait ? Ces prochains mois, cette chaîne d’une quarantaine de magasins consacrés à la course à pied doit faire face à une dangereuse conjonction de vents contraires. Une bonne partie de ses franchisés voient leur contrat prendre fin, au moment même o...

L’hémorragie a d’ailleurs déjà commencé. Début février, Endurance Shop a perdu un de ses gros franchisés et un adhérent historique. Patrice Marmet et Nicolas Luxembourg ont décroché le panonceau de leurs magasins d’Aix-en-Provence, de Marseille et de Martigues. Deux de ces points de vente passent en mars chez le concurrent i-Run, un temps challenger d’Endurance Shop et désormais leader du marché avec son site de vente en ligne et ses boutiques bien physiques. D’autres adhérents pourraient céder aux sirènes du numéro un, renforcé qui plus est par une levée de fonds de 100 M€ bouclée en octobre 2022 auprès de Geneo capital, ou aux appels d’autres rivaux en pleine forme (Running Conseil par exemple).

Dans l’ouest de la France, un petit bataillon de franchisés réfléchissent, eux aussi, à quitter le groupe, mais sans rejoindre un camp adverse. Ils travaillent à la création d’un réseau indépendant autour d’une dizaine de points de vente. « C’est une chose de gérer son magasin, c’en est une autre de se dégager du temps en plus pour gérer un réseau, tempère le patron d’une chaîne de running. Cela exige de référencer et négocier avec les marques, monter des opérations nationales, organiser la logistique et animer une enseigne commune. » Sur un marché où les adresses spécialisées, pourtant 250, pèsent peu face aux généralistes comme Decathlon, Intersport, Go Sport et Sport 2000, c’est d’ailleurs la soupe à la grimace pour certains groupements. Sobhi, un acteur historique, a perdu beaucoup de ses éléments. Et dernièrement, la Solution Running, qui fédérait une dizaine de points de vente, s’est arrêtée.

Pour l’instant, les accords qui courent chez Endurance Shop font partie de l’appel à repreneurs des actifs du Groupe Go Sport, placé en redressement alors que son propriétaire, la Financière immobilière bordelaise (Fib) de Michel Ohayon est en grandes difficultés financières. « Quand l’entreprise du franchiseur est mise en vente lors d’une procédure collective, les contrats de franchise en cours et poursuivis par l’administrateur ou le mandataire judiciaire, continuent de s’imposer aux franchisés », souligne Jean-Baptiste Gouache, avocat spécialisé dans la distribution. En clair, redressement judiciaire ou pas, un adhérent doit attendre la fin de son accord pour décider de s’en aller. L’identité du futur repreneur pourrait d’ailleurs redonner à certains l‘envie de rester.

La nomination d’un nouveau propriétaire marquera en tout cas une énième étape dans le parcours accidenté  d’Endurance Shop. Créé par Antoine Furno en 2002, l’enseigne est devenue le pro n° 1 de la course à pied, avec 60 magasins franchisés… Avant qu’ i-Run ne déboule sur le Net et dépasse très largement ses 30 millions d’euros de chiffre d’affaires. Relégué à la seconde place, le réseau a tout de même suscité l’intérêt de Go Sport, décidé à s’acheter une légitimité dans le running alors que le groupe ne voulait plus être perçu comme un généraliste du sport mais comme un multispécialiste (running, vélo, etc.), pour tenter de se démarquer, enfin, du roi du marché Decathlon. C’est peu dire qu’une bonne partie des adhérents Endurance Shop n’ont jamais avalé le mariage de leur enseigne avec Go Sport, qui appartenait encore à Jean-Charles Naouri, le patron de Rallye-Casino. Une trentaine de magasins seulement avait accepté de basculer, les autres choisissant de continuer seul, de rejoindre des concurrents, comme Running Conseil ou Foul&es, ou de plier boutique.