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Continuer la lectureLe producteur d’ingrédients Solina se rapproche d’une vente à 5 milliards
Ce grand industriel breton, spécialisé dans la production d’ingrédients alimentaires et d’assaisonnement, est détenu par Astorg depuis quatre ans.
Plus de 4 000 salariés et une grosse quarantaine de sites dans le monde… Solina est un acteur de premier plan dans la filière agroalimentaire française. Depuis 2021, cet important producteur d’ingrédients alimentaires et d’assaisonnement est contrôlé par le fonds français Astorg, son sixième propriétaire en vingt ans, après Barclays Private Equity (aujourd’hui Equistone), Cogepa, Azulis, IK et Ardian. Et ce n’est peut-être pas fini ! L’arrivée d’un autre financier pourrait bien survenir en 2025, potentiellement vers la fin de l’année. Selon plusieurs sources, une banque d’affaires aide déjà Astorg dans ses préparatifs : il s’agit de Goldman Sachs.
Un deuxième conseil financier pourrait venir les épauler très prochainement. Plusieurs sources évoquent la forte proximité de BNP Paribas avec ce dossier, la banque de la rue d’Antin ayant été à la manœuvre lors de la précédente opération. Un dispositif à la hauteur de l’attente générée par le dossier dans l’univers du non coté. Parmi les prétendants plus ou moins sérieux, sont notamment cités KKR, CVC, Blackstone, Partners Group, Advent, Brookfield… Soit uniquement des investisseurs de classe mondiale, capables de s’aligner sur les transactions les plus grosses. Reste également à savoir comment les géants des ingrédients (l’américain IFF, l’allemand Symrise, les suisses Givaudan et Firmenich...) pourraient se positionner sur le dossier.
Quand Astorg en a pris le contrôle il y a quatre ans, Solina était valorisée 1,7 milliard d’euros. L’entreprise dégageait à l’époque un peu moins de 100 millions d’euros d’Ebitda…. Elle pourrait en générer près de 300 millions cette année, estiment des connaisseurs de la société. Avec un tel résultat, l’industriel - dont le chiffre d’affaires s’est élevé à 1,6 milliard d’euros l’an dernier - pourrait espérer cibler une valorisation de l’ordre de 5 milliards d’euros, à multiple d’acquisition identique.
Solina tire une grande partie de sa croissance d’une politique d’acquisitions extrêmement prolifique. Depuis 2020, l’industriel a racheté une quinzaine de producteurs plus petits, presque tous basés à l’étranger, en Europe et outre-Atlantique. En tout début d’année, le Français s’est encore offert deux PME américaines, à savoir Advanced Food Systems, spécialiste des ingrédients secs, et Sokol, un producteur de sauces sucrées et salées. Le tableau de chasse de Solina est long, et lui a permis non seulement de diversifier ses débouchés géographiques, avec de nouvelles usines à la clé, mais aussi de compléter son portefeuille produits vers des marchés premium, comme il l’avait prouvé l’an passé en rachetant à Nestlé le scandinave Oscar & Puljonki, un producteur de condiments et de sauces qui ciblent une clientèle de restaurateurs.