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Continuer la lectureLe groupe Norac (Daunat, La Boulangère…) change de patron
Il y a trente ans, Bruno Caron créait un poids lourd de la pâtisserie industrielle et du snacking. Il en laisse désormais les manettes à son fils.
Un petit empire du snacking change de chef. A 70 ans, Bruno Caron a décidé de lâcher les rênes de son groupe Norac, incontournable des supermarchés avec ses sandwichs Daunat, ses crêpes Waouh ! ou ses pains La Boulangère. Comme nous l’avons appris, c’est désormais son fils Julien qui dirige ce poids lourd breton de 900 millions d’euros de chiffre d’affaires. Fabricant de ses propres produits mais aussi de gammes sous marque de distributeur, l’industriel compte aujourd’hui 24 sites de production et 11 filiales répartis en France et à l’étranger (Allemagne, Brésil, Espagne, Royaume-Uni, Etats-Unis) dans le domaine de la boulangerie, de la viennoiserie , ainsi que le snacking et le traiteur.
Une transmission familiale sans faire de bruit
Selon nos informations, la transition s’est faite à l’image de cette structure familiale : tout en discrétion, avec la nomination en septembre de Julien Caron en tant que président sans annonce ni cérémonial particuliers. Âgé de 43 ans, le nouveau patron était encore aux Etats-Unis en début d’année, où il dirigeait la branche américaine de l’entreprise. Il a fait son entrée au conseil d’administration en juin, avant d’être nommé à sa tête lors d’une passation de pouvoir que l’on imagine sans embûche, son père possédant plus de 70% du capital. Contactée par l’Informé, la société n’a pas fait de commentaires.
Norac (qui se lit Caron à l’envers) compte parmi les belles success stories industrielles tricolores. Bruno Caron a créé l’entreprise en 1992, après avoir racheté le spécialiste de la pâtisserie Le Ster, dont il était le directeur général. Pour assurer le développement de son groupe, il a rapidement acquis un portefeuille de marques fortes (La Boulangère, Daunat, Whaou !...), avant d’investir le rayon porteur du traiteur (en croquant Daniel Dessaint, Sud’n Sol et Took Took, puis Bergam’s et Armor Délices) et de se déployer a l’etranger. S’il lâche aujourd’hui son fauteuil de président, le patron historique gardera un œil sur les affaires : il conserve un siège au conseil d’administration.
Mais cette figure bretonne (469 ème fortune française selon le classement des fortunes Challenges, avec 240 millions d’euros) a d’autres occupations. Passionné d’art, ce grand collectionneur a créé l’association Art Norac depuis 2005, ainsi que la biennale d’art contemporain Les Ateliers de Rennes. En 2010, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, avait remis la distinction de « grand mécène de la culture » à l’entreprise Norac, en raison de ses multiples actions de mécénat.