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Continuer la lectureGroupe Rocher reçoit plusieurs offres pour Petit Bateau
Le géant cosmétique espère retirer quelques dizaines de millions d’euros de la cession de cette chaîne d’habillement en difficulté.
Groupe Rocher va-t-il réussir son pari ? Depuis plusieurs semaines, la maison mère d’Yves Rocher prépare les esprits à la vente de son emblématique marque de prêt à porter pour enfants Petit Bateau. Le projet de cession a été confié à Rothschild & Co, comme l’a précédemment révélé l’Informé. À ce stade, plusieurs offres préliminaires ont atterri sur le bureau de la banque qui a décidé, selon nos informations, d’entamer une phase 1 bis de l’enchère afin de préciser les intentions de chacun. « Le rachat de Petit Bateau et son redressement représentent un coût global d’une cinquantaine de millions d’euros », confie un proche du dossier. Une version corroborée par plusieurs investisseurs.
Principale inconnue : Groupe Rocher va-t-il devoir signer un chèque au futur repreneur pour couvrir les pertes des trois prochaines années ou, a contrario, va-t-il pouvoir en toucher un ? Plusieurs scénarios s’affrontent. Selon les informations recueillies par l’Informé, le groupe familial fondé par Yves Rocher (à l’origine du rachat de Petit Bateau en 1988) espère retirer de cette vente quelques dizaines de millions d’euros, sachant que l’investissement nécessaire au redressement de l’enseigne coûterait a minima une vingtaine de millions d’euros. L’acquéreur idéal serait un groupe français ou étranger du même secteur.
Les Mulliez pourraient être considérés comme les acheteurs naturels en raison de leur forte présence dans le secteur de l’habillement. Mais répondront-ils présents alors même qu’ils s’étaient séparés de Pimkie trois ans plus tôt, avec perte et fracas. Outre-Atlantique, Carter’s - un géant du prêt-à-porter pour enfants affichant près de 3 milliards de dollars de chiffre d’affaires - s’est penché sur la marque bretonne, sans pour autant donner suite, selon nos informations. Ce dernier n’a pas souhaité nous répondre.
En revanche, de nombreux candidats se positionnent avec une approche de restructuration, à l’instar de Verdoso. Le fonds, bien connu du microcosme des entreprises en difficulté, a repris en janvier The Kooples au suisse Maus Frères (Lacoste, Aigle…). Le tout pour un prix négatif, alors que la griffe fashion affiche près de 160 millions d’euros de revenus. La même recette pourrait être proposée, si tant est que la famille Rocher l’accepte. Flacks Group, la société d’investissement de Michael Flacks, a aussi regardé le dossier mais mène actuellement une bataille sur le front judiciaire. Selon Challenges, le financier britannique a en effet assigné le géant minier français Imerys devant le Tribunal de commerce pour dissimulation frauduleuse après que ce dernier lui a vendu son activité papier.
Quelques personnalités sont aussi positionnées, comme Salih Halassi. Selon nos informations, l’homme d’affaires qui a redressé Pimkie après plusieurs années à la tête de Kindy s’est associé à Ramdane Touhami, le cofondateur de la marque de cosmétiques Buly, rachetée par LVMH pour 179 millions d’euros en 2021. Également intéressé par le dossier, Charles-Henri Levaillant - l’ex-patron de la marque de cosmétique Make Up For Ever, filiale de LVMH - présenterait quant à lui une candidature dont l’essentiel des financements proviendraient d’investisseurs chinois et brésiliens.
Dans tous les cas, la plupart des connaisseurs du dossier estiment inévitable un plan social aux contours encore flous pour la marque tricolore. Celle-ci emploie encore près de 3 000 collaborateurs dans le monde (dont 600 dans l’usine de Troyes) pour un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros. « Que l’acheteur soit un pro du restructuring ou un groupe de prêt-à-porter, il va forcément y avoir un effort de rationalisation à faire », conclut l’un d’entre eux. Verdict avant la trêve estivale.