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Grande conso

Cerea Partners croque les boulangeries Sophie Lebreuilly, promotion au Crédit Mutuel, Fabrice Epelboin vs Yogosha... les télex de l’Informé

Les dernières brèves exclusives de la rédaction.

Publié : 14/11/2024 à 18:10 - Mis à jour : 12/12/2024 à 15:16

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Image d’illustration M.studio - stock.adobe.com

► Boulangerie. Le fonds Cerea Partners va bel et bien prendre une participation dans la chaîne de boulangerie Sophie Lebreuilly. En septembre, l’Informé révélait l’existence de discussions entre cet investisseur spécialisé dans l’agrobusiness et French Food Capital, actionnaire majoritaire de l’enseigne depuis 2022. Mais les deux parties étaient encore loin d’avoir trouvé un accord. C’est désormais chose faite : l’opération pourrait être finalisée d’ici la fin de l’année et les deux fonds se partageront alors le contrôle de l’entreprise. Sophie Lebreuilly s’était attaquée à une recomposition de son capital en début d’année, en compagnie de la banque d’affaires Capitalmind. L’enseigne originaire des Hauts-de-France, qui revendiquait 70 boulangeries en début d’année, s’est fixé l’objectif ambitieux d’atteindre les 500 points de vente d’ici à 2030. X.D.

► Banque. Mouvement au Crédit Mutuel. Le directeur de la communication corporate et des relations presse, Aziz Ridouan, va reprendre, en plus de son poste actuel, les fonctions de Françoise Cauvin. Jusqu’ici, cette dernière était directrice de la coordination stratégique qui regroupait notamment la direction du cabinet du président, Daniel Baal, et du directeur général, Eric Petitgand. Elle a, depuis, été promue directrice générale de Crédit Mutuel leasing en septembre. E.P.

► Tech. Attaqué par la société Yogosha, Fabrice Epelboin échappe à une condamnation en diffamation. Ancien associé de cette start-up en cybersécurité, « serial entrepreneur » et enseignant en « infowar », il imputait à son ancienne maison des violations des droits de l’Homme, des opérations de « cyber green washing » ou encore de contrefaçon de marque. Étaient en particulier épinglées, des relations avec des groupes cyberoffensifs émiratis (comme BeaconRed et CPX), mis en cause dans la surveillance de nombreux journalistes et l’assassinat de Jamal Khashoggi. Dans une décision rendue le 8 novembre, consultée par l’Informé (en l’état de « copie de travail »), le tribunal correctionnel de Paris a bien retenu l’existence de diffamations de la part d’Epelboin mais les a excusées sur l’autel de sa bonne foi. Le juges se sont appuyés sur des éléments déjà publiés dans la presse mais aussi sur Linkedin par l’un des représentants de Yogosha, qui évoquait en particulier un challenge de bug bounty (ou chasse aux vulnérabilités) ) organisé à Dubaï et sponsorisé avec CPX. Avec certes un « ton vif », d’apparence « peu prudente », Epelboin, lit-on dans la décision, a pu s’appuyer sur une base factuelle suffisante en démontrant « que ces sociétés avec lesquelles Yogosha est en relation, ont pu être critiquées par leur comportement au regard de la violation possible des droits de l’Homme ». Contacté, le mis en cause reste persuadé que Yogosha aurait dû faire, préalablement à de tels partenariats, une cartographie des risques en application de la loi Sapin 2. Il se dit « ravi que la justice française reconnaisse que je n’ai fait que rapporter les propos du Washington Post, du New York Times et d’Intelligence Online ». Pour sa part, Yassir Kazar, directeur de Yogosha, estime que « les juges ont reconnu comme diffamatoire la majorité des propos, ce qui justifiait notre démarche initiale. De plus, à aucun moment, il n’a été fait d’acte répréhensible de la part de Yogosha ». La société se réserve toutefois la possibilité de faire appel. M.R.

Par Xavier Demarle, Emmanuel Paquette et Marc Rees.

Une réponse de Fabrice Epelboin

Je tiens à apporter un droit de réponse à l’article paru ci-dessus et précisant les termes de la décision rendue par le Tribunal correctionnel de Paris le 8 novembre. Les juges n’ont pas retenu l’existence de diffamations en les excusant sur l’autel de la bonne foi, pas plus que je n’ai échappé à une condamnation en diffamation : j’ai été naturellement relaxé car la majorité des propos ont été considérés comme non diffamatoires, et si certains d’entre eux auraient pu être de nature à porter atteinte à l’honneur ou à la considération, tous les éléments constitutifs de la diffamation n’étaient pas réunis. Faisait défaut l’intention, mes propos étant justifiés par une base factuelle suffisante, de la prudence et mesure dans l’expression, une absence d’animosité personnelle ainsi que la légitimité du but que je poursuivais.
Il est également précisé que la relation entre Yogosha et CPX n’est pas un simple sponsoring passé à l’occasion d’un challenge de Bug Bounty organisé à Dubaï, comme l’évoque cet article.
Selon les propos rapportés par de nombreux responsables de la société Yogosha, leurs différents partenaires émiratis, et sur la base de nombreuses publications de presse et de communication officielles des parties prenantes ainsi que du Cyber Security Council des Emirats, les activités de la société Yogosha aux Emirats concernent la mise en place d’une plateforme souveraine nationale émiratie sous l’égide du Cyber Security Council des Emirats, dont Yogosha et CPX sont des « founding partners », et à laquelle Beacon Red a lourdement contribué, ce que le tribunal a constaté. Yogosha a par ailleurs des activités similaires dans de nombreux autres pays tels que l’Arabie Saoudite, la Jordanie, le Bahrein, l’Egypte ou bien encore le Maroc.
Nous tenons à la disposition de toute personne intéressée et désireuse de les
consulter, le jugement rendu par le tribunal correctionnel de Paris ainsi que l’ensemble des pièces du dossier.
Par ailleurs, il semblerait qu’il y ait eu un malentendu dans la compréhension des propos qui m’ont été attribués. Je n’ai pas sollicité de la société Yogosha qu’elle réalise une cartographie des risques éthiques posés par ses prestataires et ses partenaires, conformément à la loi Sapin 2, mais plutôt que les clients de la société Yogosha le fassent.
Il sera salué par ailleurs la décision de la Société Générale qui, comme l’a montré la société Yogosha à travers des pièces maladroitement anonymisées que la partie adverse a versé au dossier afin de prouver son préjudice, a pris la décision de mettre fin à ses relations d’affaires avec la société Yogosha dès le premier article relatant ce conflit en avril 2023.