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Continuer la lectureCarrefour : la liste des 8 hypermarchés et 36 supermarchés qui basculeront en franchise en 2026
Le distributeur avait annoncé accélérer le passage de ses magasins en franchise à partir de cette année. 7 hypermarchés supplémentaires s’ajouteront prochainement à la liste que dévoile aujourd’hui l’Informé.
Le ton a été donné par Alexandre Bompard lors de la présentation de son plan « Carrefour 2030 » en février. Pour accélérer la transformation du distributeur qu’il dirige « vers un modèle plus asset‐light et entrepreneurial », la bascule de magasins en franchise va s’accélérer. Ainsi, une quarantaine de supermarchés à enseigne Market devrait désormais passer en franchise chaque année (dès 2026), contre une moyenne annuelle de 25 observée sur les derniers exercices. Pour les hypermarchés nécessitant une relance, le rythme doit être conservé, avec une quinzaine d’établissements amenés à basculer en location-gérance chaque année. La nouvelle vague de magasins concernés, dévoilée ce lundi en interne par Carrefour et dont nous avons pris connaissance, correspond à cette nouvelle doctrine. Ce sont bien 36 supermarchés Market et 8 hypermarchés Carrefour qui sont concernés, répartis dans toute la France, soit 44 magasins au total. Une nouvelle vague de 7 hypermarchés supplémentaires devant être annoncée dans les semaines à venir, portant le total à 15 unités.
La liste des hypermarchés concernés : Alès (Gard, ex-Cora), Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise, ex-Cora), Wattignies (Nord, ex-Cora), Dreux (Eure-et-Loir, ex-Cora), Remiremont (Vosges, ex-Cora), Dole (Jura, ex-Cora), Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) et Givors (Rhône).
La liste des supermarchés concernés : Aubigny-sur-Nère (Cher), Clermont-Ferrand Saint Alyre (Puy-de-Dôme), Condrieu (Rhône), Jonage (Rhône), Montrond (Loire), Sassenage (Isère), Saint-Pourçain-sur-Sioule (Allier), Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), Le Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), Le Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine), Paris Barbès, Paris Pyrénées, Paris Vouillé, Pontault-Combault (Seine-et-Marne), Saint-Maurice (Val-de-Marne), Vélizy-Villacoublay (Yvelines), Viarmes (Val-d’Oise), Villers-sous-Saint-Leu (Oise), Abbeville (Somme), Berck (Pas-de-Calais), Comines (Nord), Dormans Chavenay (Marne), Haillicourt (Pas-de-Calais), Hem (Nord), Lille Moselle (Nord), Reims Gambetta (Marne), Bois-Guillaume Les Bocquets (Seine-Maritime), Bonneval Louveterie (Eure-et-Loir), Saint-Nazaire Villeport (Loire-Atlantique), Bourg-de-Péage (Drôme), Gardanne (Bouches-du-Rhône), Marseille Prado (Bouches-du-Rhône), Mougins (Alpes-Maritimes), Nice Mont Boron (Alpes-Maritimes), Nice Saint-André (Alpes-Maritimes), Bourganeuf (Creuse).
La franchise présente l’avantage d’être un mode de gestion « peu consommateur de capitaux » permettant « de s’appuyer sur l’implication et la connaissance du marché local des partenaires » explique depuis des années le distributeur, qui sous l’impulsion de son PDG arrivé aux commandes en 2017, n’a eu de cesse depuis de poursuivre dans cette voie.
Concrètement, les magasins concernés, des intégrés qui appartiennent au périmètre financier de l’entreprise Carrefour, en sont sortis pour être confiés à des entrepreneurs indépendants, à charge pour ces derniers de les relancer ou de les développer. La manœuvre permet de sortir les foyers de pertes des comptes de l’entreprise. Autre point clé, ce transfert concerne aussi les salariés, qui rejoignent un nouvel employeur, et perdent à cette occasion des avantages sociaux et salariaux liés à l’appartenance au groupe Carrefour. Selon la CFDT, ce changement de statut a déjà touché plus de 27 300 salariés depuis 2018, avec une perte financière moyenne de 2 534 euros par an et par personne.
Le syndicat s’est également ému du contenu d’un accord signé il y a quelques jours au sujet de la clause sociale location-gérance, qui encadre la conservation de certains droits lors de la bascule d’un magasin. Selon la CFDT, Carrefour aurait inscrit dans le texte, avec l’aval de FO et du SNEC CFE-CGC, le syndicat de l’encadrement, l’impossibilité de mener une expertise au niveau des CSE locaux, la réservant aux CSE centraux. « Cela signifie très clairement que l’on prive les sections syndicales des magasins de leurs droits de vérifier les comptes de leur établissement, d’évaluer les risques psychosociaux liés aux passages en location-gérance et donc de se donner les délais nécessaires pour évaluer tous les impacts négatifs ! » selon un document syndical qui se désole de cette situation. Car elle serait alors encore plus favorable aux passages en franchise.
Un glissement continuel vers la franchise
Depuis 2018, et avant même la nouvelle vague annoncée ce lundi, près de 350 magasins sont sortis du périmètre intégré de Carrefour. À fin 2025, en France métropolitaine, la chaîne comptait 117 hypermarchés franchisés pour 190 unités intégrées, soit 38 % du parc (contre 10 % en 2018). Sur les supermarchés Market, 810 sont en franchise contre 309 intégrés, soit 72 % du parc en franchise (59 % en 2018). Sur ses formats de proximité et supérettes Carrefour City, Express, ou Contact, soit plus de 5 000 magasins, Carrefour fonctionne quasi exclusivement sous cette forme juridique. Ce qui a permis, en 2025, d’atteindre 47 % du chiffre d’affaires réalisé en France par l’intermédiaire de magasins franchisés et en location-gérance. Contre 27 % en 2018. Avec la dernière bascule en date, ces modes de gestion devraient désormais tutoyer la barre symbolique des 50 % du chiffre d’affaires généré en France, 46,3 milliards d’euros TTC en 2025.
Location-gérance, franchise, quelle différence ?
Dans le cas de la location-gérance, Carrefour détient le fonds de commerce et le locataire‑gérant a la responsabilité de l’exploitation. À la différence de la franchise simple, schéma dans lequel le franchisé détient le fonds de commerce, seul ou en association avec Carrefour.