Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Grande conso

Carrefour : ces bonus qui gonflent la rémunération d’Alexandre Bompard

Le PDG du distributeur va toucher 3,49 millions d’euros de salaire (fixe et variable) au titre de l’exercice 2025. Mais s’y ajoute une composante dite « long terme » bien moins connue mais très rémunératrice.

Photo
BERTRAND GUAY / AFP

C’est un sujet sur lequel le patron de Carrefour n’aime pas particulièrement s’étendre, mais on en sait désormais plus sur la rémunération d’Alexandre Bompard. Selon nos informations, le PDG du 2e distributeur en France va empocher, en cash et en actions, un joli pactole en quelques mois : près de 7 millions d’euros. Dans le détail, il devrait toucher tout d’abord 3,49 millions d’euros de salaire au titre de l’exercice 2025. Le montant se décompose en une rémunération fixe (1,6 million) et une rémunération variable annuelle (1,797 million, voir encadré plus bas) auxquelles s’additionnent 75 000 euros de jetons de présence en tant qu’administrateur, et 18 101 euros d’avantages en nature (véhicule de fonction). Une somme rondelette qui, sauf coup de théâtre, devrait être approuvée par les actionnaires lors de l’assemblée générale du 22 mai prochain.

Mais ce n’est pas tout. Le 14 février 2026, Alexandre Bompard a engrangé selon nos calculs près de 3,5 millions d’euros supplémentaires, versés cette fois sous forme d’actions, au titre de « la rémunération long terme ». Attribué chaque année, ce plan LTI (pour « long term incentive ») - des actions de performances gratuites - est effectivement versé trois ans plus tard à la double condition d’être toujours présent dans l’entreprise et d’avoir atteint certains objectifs fixés en avance. Dans le cadre du plan d’attribution 2023, arrivé à échéance le 14 février 2026, le taux de performance servant au calcul de ce bonus a atteint 61,75 %. Ce pourcentage est inférieur aux années précédentes, compte tenu des résultats moins flamboyants du groupe.

Ces attributions gratuites d’actions, qui concernent environ 700 cadres chez Carrefour, servent à motiver les dirigeants et s’assurer de leur fidélité. Pour Alexandre Bompard, arrivé en 2017 à la tête de l’entreprise, cela représente un paquet de titres. En février 2022, il empochait ainsi 249 146 actions gratuites (d’une valeur de 4,5 millions d’euros à ce moment-là) suite au plan LTI 2019. Le 27 février 2023, il récupérait 304 597 nouvelles actions gratuites, alors valorisées plus de 5,5 millions. Le 19 février 2024, il recevait 335 330 titres, pour une valeur de plus de 5,14 millions. L’an dernier, rebelote, avec 280 488 actions dans le cadre de la « livraison du plan d’attribution gratuite d’actions de performance 2022 ». Un plantureux bonus valorisé à près de 4 millions d’euros. Ces actions doivent tout de même être conservées un certain temps une fois récupérées.

Au total, le PDG détient désormais 1,514 million d’actions Carrefour. Ce qui représente à date la coquette somme de 24 millions d’euros. Et ce n’est pas fini puisque de nouveaux versements -sous conditions- sont d’ores et déjà prévus en février 2027, 2028, et 2029. Cela tombe bien, le mandat de PDG d’Alexandre Bompard a été renouvelé l’an dernier, pour courir jusqu’en 2029. Contacté, Carrefour n’a pas fait de commentaires.

Un variable annuel volontairement abaissé de près de 310 000 euros 

Pour déterminer la part variable annuelle de sa rémunération au titre de l’année 2025, Alexandre Bompard a proposé au comité des rémunérations et au conseil d’administration de prendre en compte dès à présent des nouvelles règles de calcul relatives à son bonus, qui ne devaient être validées que lors de la prochaine assemblée générale en mai. L’idée du patron a été acceptée et son impact ne sera pas neutre : sa part variable annuelle s’élève en conséquence à 1,797 million, alors qu’elle aurait dû atteindre 2,108 millions avec l’ancienne méthode. Soit un écart de 310 400 euros.