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Énergie - Environnement

TotalEnergies aura bientôt son réseau mobile 4G+

L’énergéticien a reçu l’autorisation d’utiliser des fréquences pour équiper certains sites d’un réseau mobile à Internet haut débit. Il a choisi Orange comme partenaire.

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DAMIEN MEYER / AFP

Petite révolution technologique chez TotalEnergies : le géant pétrolier va équiper certains sites stratégiques en Internet haut débit mobile. En juin dernier, le groupe a reçu l’autorisation du gendarme des télécoms, l’Arcep, d’utiliser des fréquences 4G+ pour déployer un réseau privé (dans la bande ...

Dans un premier temps, deux installations vont être couvertes : la raffinerie de Donges (Pays de la Loire) et l’usine de chimie verte de Lacq (Nouvelle Aquitaine). « La sécurité de la raffinerie est un sujet critique et le groupe veut pouvoir s’appuyer sur un réseau performant », peut-on lire dans la décision de l’Arcep. Vidéosurveillance, maintenance à distance, visioconférence, gestion de l’énergie… les applications sont diverses.

Mais le projet ne se limite pas à ces deux emplacements : il vise à équiper plus de 25 sites dans le monde en s’appuyant sur un partenaire. L’opérateur Orange a été retenu, sa présence géographique correspondant bien à celle de TotalEnergies, notamment dans les territoires européens. Ce chantier de plusieurs millions d’euros durera plusieurs mois. « C’est un moyen d’optimiser et de suivre la production en temps réel avec des technologies plus avancées que celles utilisées aujourd’hui », note un connaisseur. Interrogés, ni TotalEnergies, ni Orange n’ont souhaité faire de commentaires.

Certains de ses concurrents ont déjà basculé, comme Shell dans le Golf du Mexique et ExxonMobil sur sa plateforme pétrolière d’Hebron (Canada). Plus récemment, le brésilien Petrobras a annoncé sa volonté d’équiper 49 sites de cette technologie d’ici à 2024 afin, notamment, de contrôler à distance les drones et des robots industriels.

Le groupe dirigé par Patrick Pouyanné va s’appuyer sur les antennes de l’équipementier suédois Ericsson. Hors de question d’utiliser celles du chinois Huawei, des soupçons d’espionnage pesant sur la société. Aucun opérateur d’importance vital (OIV), organisme jugé essentiel au fonctionnement de la nation, ne peut prendre ce risque. La liste des OIV est protégée par le secret défense et concerne des entreprises œuvrant dans les domaines critiques comme les transports, les télécommunications ou encore l’énergie. A coup sûr, TotalEnergies en fait partie.

En France, EDF a lui aussi décidé de doter d’un réseau mobile 4G/5G certaines de ses infrastructures comme des centrales nucléaires ou des parcs éoliens. Et Hub One, filiale d’Aéroports de Paris, a déployé en octobre 2021 le sien à Paris-Charles de Gaulle, Orly et le Bourget. Il permet de réaliser des opérations de maintenance à distance, de tracer les bagages, etc…

Afin de pousser à l’adoption de la 5G industrielle, qui peine à décoller, le gouvernement a commandé un rapport à Philippe Herbert, expert au sein du pôle de compétitivité Cap Digital. Le document, remis en mars dernier, s’est traduit par diverses mesures : faciliter l’accès aux fréquences, lancer un appel à projets franco-allemand ou encore créer un campus Fablab 5G pour y réunir tous les acteurs concernés.