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Énergie - Environnement

Orano (ex-Areva) : plusieurs candidats sérieux pour succéder à Philippe Knoche

Le groupe spécialisé dans le cycle du combustible nucléaire cherche un successeur à son DG, en partance pour Thales. En interne, le numéro 2 du groupe figure parmi les favoris.

Philippe Knoche, DG d’Orano
Philippe Knoche, DG d’Orano JEFF PACHOUD / AFP

Ça s’active chez Orano. L’entreprise spécialisée dans l’extraction, l’enrichissement, la conversion de l’uranium et le traitement-recyclage des combustibles usés, anciennement connue sous le nom d’Areva, a jusqu’à octobre pour trouver un successeur à Philippe Knoche, son actuel directeur général. Après vingt ans de maison, dont huit aux manettes, celui-ci a annoncé en juillet rejoindre Thales en tant que directeur opérations et performance. Le brainstorming pour identifier son remplaçant a démarré pendant l’été. Le cabinet de chasseurs de têtes Egon Zehnder, qui n’a pas donné suite à nos sollicitations, aurait été mandaté pour dénicher la perle rare.

En interne, le profil de Nicolas Maes figure dans les favoris. L’intéressé a vu son périmètre s’agrandir en mai à l’initiative de Philippe Knoche, qui l’a propulsé chief operating officer. Depuis 2018, ce polytechnicien et ingénieur des Ponts et chaussées, passé par Lafarge pendant une dizaine d’années avant d’intégrer Areva, pilotait Orano Mining, une entité stratégique d’Orano. L’activité n’y est pas la plus complexe, mais elle est capitale pour l’avenir du groupe, puisqu’elle gère notamment l’approvisionnement en uranium nécessaire au parc nucléaire français. La question est d’ailleurs revenue en tête de l’actualité cet été, avec le coup d’État au Niger, où Orano s’approvisionne pour partie. C’est le remplaçant de Nicolas Maes, Xavier Saint-Martin-Tillet, lui aussi venu de Lafarge, qui reprendra le dossier.

Mais le comité exécutif du groupe compte aussi d’autres profils affûtés comme celui de Guillaume Dureau. Le directeur projets et R&D, qui a été entre 2013 et 2016 à la fois directeur exécutif de l’amont (enrichissement) et de l’aval (traitement et recyclage) d’Orano, s’est vu adjoindre en mai la supervision du nucléaire médical et des batteries. Il préside depuis juillet la Société française d’énergie nucléaire (SFEN), l’association scientifique du secteur.

Le futur titulaire pourrait aussi venir de l’extérieur. Le profil de Florence Verzelen pourrait cocher beaucoup de cases. Directrice générale adjointe chargée des industries, du marketing et du développement durable chez Dassault Systèmes depuis 2018, elle a auparavant passé 10 ans chez Engie, comme directrice des activités d’acquisition du groupe ou à la tête d’entités internationales (GDF Suez Qatar, direction des opérations Engie Europe ou DG d’Engie Russie). Elle est également polytechnicienne et ingénieure du Corps des Mines, deux sésames prisés pour prétendre au poste de patron d’Orano.

Peser face à EDF

Quel que soit l’heureux élu, un dossier majeur l’attendra à son arrivée : l’avenir des activités de traitement et de recyclage des combustibles usés, actuellement en difficulté. Deux installations industrielles majeures du groupe y sont dédiées : Orano La Hague, dans la Manche, où sont retraités les combustibles usés, et Orano Melox, dans le Gard (où est fabriqué le combustible Mox). En pleine relance du programme nucléaire français, le sujet est sensible pour ce groupe, détenu à 90 % par l’État aux côtés de Mitsubishi Heavy industries (5 %) et de Japan Nuclear Fuel Limited (5 %).

Le futur titulaire devra être capable de peser auprès des pouvoirs publics. En mai, la nomination de Nicolas Maes comme de numéro 2 de l’entreprise devait d’ailleurs aider Philippe Knoche à se dégager du temps pour assurer le lobbying du groupe sur ces questions stratégiques. « Si l’on veut être capable de recycler demain ce que produiront les futurs réacteurs nucléaires, les investissements dans les usines de retraitement doivent être réfléchis maintenant », rappelle un spécialiste du secteur. Le futur patron d’Orano devra aussi faire preuve d’habileté pour se faire entendre face à EDF, avec qui il réalise… 48 % de son chiffre d’affaires (qui s’est élevé à 4,3 milliards d’euros en 2022) et partage le même actionnaire ! Parmi les contrats en discussion avec l’énergéticien, l’accord sur le traitement et le recyclage des combustibles usés, renégocié en 2016 pour une période courant jusqu’en 2023, s’annonce délicat : Orano espère notamment en revoir (à la hausse) les conditions financières.

Lifting de printemps dans la gouvernance d’Orano

En plus de la désignation de Nicolas Maes comme directeur des opérations d’Orano en mai, Philippe Knoche a procédé à d’autres changements dans son comité exécutif. Pascal Aubret, qui supervisait Orano recyclage depuis six ans, s’est ainsi vu confier la direction de la performance. Le transfert a profité à la titulaire du poste, Corinne Spilios, qui a été chargée de reprendre l’activité traitement-recyclage. Après avoir dirigé le site du Tricastin (Drôme), François Lurin a, quant à lui, pris la tête de la business unit Chimie-Enrichissement. La fonction était occupée jusque-là par Jacques Peythieu, nommé directeur client et stratégie. Changement enfin pour Jean-Christophe Patout, chargé de superviser les activités démantèlement et de services.