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Continuer la lectureMini-réacteurs nucléaires : EDF donne son feu vert à Nuward 2
Après arbitrage, le groupe énergétique a décidé de poursuivre la V2 de son projet de petit réacteur modulaire Nuward, mais en en revoyant sérieusement les partenaires et le design.
L’avenir du petit réacteur nucléaire modulaire (small modular reactor - SMR) d’EDF s’éclaircit. Selon nos informations, le groupe énergétique présidé par Luc Rémont a tranché et entériné la poursuite du projet à l’issue d’un comité exécutif qui s’est tenu le 16 décembre. Sa filiale Nuward est autorisée à continuer le « conceptual design » de Nuward 2, le SMR nouvelle version annoncée par le groupe cet été. Environ 70 millions d’euros d’investissements devraient y être consacrés en 2025.
La partie n’était pas gagnée, tant la gestation de la V1 de Nuward, à l’étude depuis cinq ans, s’est avérée complexe. Au point que l’énergéticien a choisi fin juin d’en revoir de fond en comble les contours, ainsi que l’avait révélé l’Informé. Et c’est sur un nouveau design constitué cette fois « de briques technologiques éprouvées » que le groupe a indiqué vouloir s’orienter. Depuis, toutes les pistes ont été examinées : arrêter ou poursuivre et si oui, comment…
Si le feu vert décidé lundi replace EDF dans la course aux petits réacteurs modulaires, la phase 1 de l’aventure Nuward laisse cependant des traces. Le rétropédalage s’est traduit par un changement de gouvernance. Le président exécutif de la filiale Nuward - créée en 2023 - a été remplacé : Julien Garrel succède à Renaud Crassous, désormais directeur adjoint performance de la Division de la production nucléaire (DPN). Les effectifs ont aussi été réduits. Financièrement, l’arrêt de la version initiale devrait aussi conduire à une dépréciation d’actifs dans les comptes de l’entreprise de « l’ordre de 300 millions d’euros », estime un proche du dossier. Contractuellement enfin, le repositionnement de Nuward entraîne d’importants effets de bord avec la demi-douzaine de partenaires engagées sur le projet initial 1 : Framatome, Naval group, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Tractebel et TechnicAtome…
C’est en particulier avec ce dernier, spécialisé dans les réacteurs embarqués - dans les sous-marins par exemple - que les relations sont devenues compliquées. En cause notamment : les choix technologiques de chaufferies compactes poussés par TechnicAtome. Le changement de design incluant un changement sur la chaudière, l’entreprise présidée par Loïc Rocard s’est logiquement retirée du projet, ainsi que l’a révélé Euractiv. Depuis, selon nos informations, les deux sociétés tentent - avec peine - de s’accorder sur les modalités financières de sortie.
Nouveaux partenaires
La participation éventuelle de TechnicAtome à un Nuward 2 étant désormais caduque, EDF s’attelle à recomposer une nouvelle équipe de partenaires. Le groupe pourrait en toute logique confier la conception des chaudières de Nuward 2 à sa filiale dédiée Framatome. Restera, entre autres, à trouver comment rendre le réacteur modulaire, c’est-à-dire capable d’être fabriqué en série en usine pour être assemblé avec les autres parties du SMR sur site. De quoi ouvrir des perspectives aux rapprochements déjà engagés par EDF avec d’autres acteurs européens comme Ansaldo Nucleare et Ansaldo Energia. En juillet, l’énergéticien tricolore a ainsi signé avec l’italien un accord visant à développer avec lui - et Edison - des co-investissements dans le domaine des petits réacteurs nucléaires…
Contacté, EDF n’a pas été en mesure de répondre à nos questions à l’heure où nous publions l’article. De son côté, TechnicAtome souhaite ne pas faire de commentaires sur ce sujet.