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Énergie - Environnement

EDF a constitué l’équipe qui pilotera Nuward, sa filiale de mini-centrales nucléaires

Ces réacteurs de petite puissance, moins chers et plus rapides à construire qu’un EPR, doivent voir le jour d’ici 2030.

Immeuble d’EDF, à La Défense.
Immeuble d’EDF, à La Défense. Maeva Destombes / Maeva Destombes

C’est l’un des chantiers clé de l’avenir d’EDF. Le groupe énergétique ambitionne d’ici 2030 de développer des Small Modular Reactor (SMR), autrement dit des mini-centrales nucléaires, compactes et susceptibles d’être produites en série. Ces réacteurs, moins coûteux et aux délais de construction réduits, auront une puissance de 340 MW (contre environ 1 600 pour un EPR) avec deux chaudières compactes de 170 MW chacune. Une filiale baptisée Nuward a été créée pour ce projet décisif. Quatre mois après sa création, EDF a complété l’organigramme de cette entité : en plus d’un conseil de surveillance et d’orientation, l’équipe de direction a été constituée.

Le board de cette société, détenue en totalité par EDF Développement Environnement (EDEV), autre filiale à 100 % d’EDF, est ainsi composé de cinq représentants de l’énergéticien. Ils sont placés sous la présidence du patron de la direction ingénierie et projets nouveau nucléaire (DIPNN) d’EDF, Xavier Ursat. Deux autres membres du conseil sont issus de cette direction : Laurent Thieffry, directeur de la direction industrielle et Vakis Ramany, directeur du développement pour le nouveau nucléaire à l’international. S’y ajoutent Isabelle Triquera, directrice comptabilité, fiscalité et assurances du groupe ; Anne-Gabrielle Mazurek, directrice juridique adjointe ainsi qu’Hélène Badia, responsable du projet compétences nucléaires chez EDF et présidente de l’Université des métiers du nucléaire.

Voilà pour le conseil de surveillance et d’orientation. Le management opérationnel a également été renforcé ces dernières semaines avec la désignation de Julie Gougne comme DRH de la filiale. Le recrutement est, pour Nuward comme pour l’ensemble de la filière, un enjeu très important compte tenu de la multiplication des projets annoncés par le gouvernement (construction des EPR, développement des SMR…) et de la chasse aux compétences à laquelle se livrent les entreprises du secteur… Nuward vise 150 salariés d’ici 2024. L’équipe de direction de Nuward s’est majoritairement structurée autour de l’équipe qui pilotait le projet avant la constitution de la filiale : Roland Frack en est le directeur financier, Sandro Baldi, le directeur commercial, Damien Drocourt, le pilote de la supply chain, Sébastien Hautier, le senior design architect. Fabrice Tempier est, lui, chargé de la bonne exécution du programme. Ils ont aussi été rejoints en mars par Brice Migliorini, venu de Tractebel, sur le volet fabrication et construction.

Rude concurrence internationale

L’équipe, pilotée par Renaud Crassous, ancien directeur du Centre national d’équipement de production d’électricité (CNEPE) d’EDF puis chargé du projet chez EDF depuis 2020, ne devra pas chômer. Le SMR Nuward est soumis à une forte pression. Il est entré cette année dans la phase d’« avant-projet détaillé », prévue jusqu’en 2026, avant l’étape de « design détaillé », amenant au démarrage de la construction vers 2030. Un calendrier serré face à une concurrence internationale rude : une cinquantaine de projets, initiés par des acteurs publics et privés, sont en développement dans le monde.

La France, pourtant partie à l’heure avec le lancement en 2011 d’un premier « consortium SMR » autour d’EDF, du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), de Naval Group et de TechnicAtome, a fini par prendre du retard, en raison notamment des réticences d’EDF sur l’opportunité de développer un réacteur de ce format. Relancé timidement au milieu des années 2010, le projet a repris consistance vers 2019, avant d’être propulsé dans les priorités en 2021, quand Emmanuel Macron a annoncé le déblocage d’un milliard d’euros d’aides aux SMR.