Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Énergie - Environnement

En pleine relance du nucléaire, EDF décide de geler ses embauches

Acculée financièrement, EDF suspend ses recrutements. Le groupe doit pourtant procéder à des embauches massives, à l’heure où le gouvernement projette de relancer la filière nucléaire.

CEO of France's state-controlled energy giant EDF Luc Remont holds a press conference to present the group's annual results on February 17, 2023 in Paris. (Photo by ALAIN JOCARD / AFP)
CEO of France's state-controlled energy giant EDF Luc Remont holds a press conference to present the group's annual results on February 17, 2023 in Paris. (Photo by ALAIN JOCARD / AFP) ALAIN JOCARD / AFP

Surprise à tous les étages chez EDF. Selon nos informations, le groupe présidé par Luc Rémont vient de mettre en place un moratoire pour geler ses recrutements. La décision intervient alors que le groupe est confronté à un urgent et important besoin de main-d’œuvre, dans l’ensemble de ses activités (...

Notifiée par le directeur des ressources humaines Christophe Carval à toutes les directions de l’entreprise, cette suspension temporaire des recrutements - qui concerne pour l’instant seulement EDF SA (l’entité principale du groupe) - pourrait durer plusieurs semaines. Il s’agit désormais de faire remonter par les différentes divisions les besoins en effectif puis de procéder à un arbitrage en vue de déterminer les postes les plus prioritaires. Plusieurs milliers de personnes devaient intégrer les rangs de l’énergéticien cette année…

La raison avancée en interne pour justifier cet arrêt inattendu est de nature à inquiéter : c’est la situation financière extrêmement tendue de l’entreprise qui justifie ce moratoire. Les derniers résultats d’EDF sont, de fait, catastrophiques : l’entreprise a annoncé en février un chiffre d’affaires de 143 milliards d’euros, pour un résultat net part du groupe négatif de 17,9 milliards d’euros, auxquels s’ajoute une dette de 65 milliards d’euros. La situation sociale est par ailleurs particulièrement délicate au sein du groupe. Les grèves reconductibles lancées par les agents EDF contre le projet gouvernemental de réforme des retraites s’enchaînent depuis mars, provoquant une baisse de la production de plusieurs centrales nucléaires ou hydrauliques.

Cette annonce tombe aussi fort mal du point de vue du marché de l’emploi dans le secteur énergétique : toute la filière nucléaire est en quête de compétences et la concurrence entre les entreprises pour attirer les meilleurs profils est vive. En suspendant ses embauches, EDF risque de perdre en attractivité auprès des jeunes diplômés. Ce moratoire contrecarre également le calendrier du gouvernement : une première « édition nationale de la semaine des métiers du nucléaire » a ainsi été lancée le 6 mars, inaugurée en grande pompe par la ministre de la transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, et Carole Grandjean, son homologue chargée de l’enseignement et de la formation professionnels. La filière nucléaire est censée recruter entre 10 000 et 15 000 personnes par an.

Contactée, EDF ne fait pas de commentaires.