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Continuer la lectureMini-réacteurs nucléaires : le groupe Eren réfléchit à investir dans Otrera
Offre professionnelleLe groupe de Pâris Mouratoglou est déjà présent au capital de quatre autres start-ups du secteur, Naarea, Jimmy, Blue Capsule et Hexana.
Les grandes manœuvres se poursuivent dans le petit cercle des start-ups tricolores travaillant sur des projets de mini-réacteurs nucléaires modulaires. L’enjeu ? La structuration de ce marché émergent où les ambitions sont nombreuses, les technologies parfois proches et… les financements limités. Depuis plusieurs mois, le secteur bruisse à intervalles réguliers de rapprochements potentiels. Stellaria et Thorizon, deux entreprises planchant sur un petit réacteur à sels fondus, sont ainsi en discussion (voir notre article). D’autres convergences sont également régulièrement évoquées sans pour autant aboutir, comme entre Otrera et Hexana. Ces deux spin-off du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) travaillent sur une technologie analogue de réacteurs à neutrons rapides (RNR) refroidis au sodium.
Mais un nouvel élément pourrait redonner des arguments aux partisans de leur rapprochement. Selon nos informations, le luxembourgeois Eren, qui a placé des billes dans le capital d’Hexana en 2022, réfléchit à investir dans Otrera. Le deal n’est pas encore conclu, mais l’intérêt pour le nucléaire innovant du groupe spécialisé dans la production d’énergie renouvelable, les économies et le stockage d’énergie ne semble pas se démentir. Créée par Pâris Mouratoglou et David Corchia, Eren a déjà investi dans quatre entreprises de l’écosystème du nouveau nucléaire : dans Naarea (technologie des sels fondus) et Jimmy (réacteur à haute température) en 2022 puis, deux ans plus tard, dans Blue Capsule (haute température) et Hexana. « Eren se positionne dans les projets qui lui paraissent crédibles en espérant tirer le gros lot avec l’un d’eux à la fin », analyse un spécialiste du secteur. Sans garantie de résultats. Naarea est ainsi au milieu du gué. En difficulté financière, la société fondée par Jean-Luc Alexandre a été placée en redressement judiciaire en septembre. Elle mise sur sa reprise par un autre groupe luxembourgeois, Eneris, dont l’offre devait être examinée par le tribunal des affaires économiques de Nanterre le 7 janvier.
L’investissement dans Otrera, fondée par Frédéric Varaine en 2023, permettrait à Eren de doubler ses chances sur la technologie au sodium, dont l’un des intérêts majeurs est de permettre la « fermeture du cycle combustible nucléaire » , c’est-à-dire le recyclage des déchets sortis des centrales (plutonium et actinides). Un objectif que l’État a remis dans sa feuille de route lors du dernier conseil de politique nucléaire de mars 2025.
Si l’opération va à son terme, Otrera et Hexana partageraient un second actionnaire commun, les deux jeunes pousses étant déjà soutenues par CEA Investissement, la filiale qui porte les participations de l’organisme de recherche. « Leur rapprochement est cependant loin d’être acquis, modère un spécialiste du secteur. Même si certaines voix - au CEA notamment - poussent en ce sens. ». L’enthousiasme n’est pas franchement patent du côté des intéressés. Les deux start-ups font valoir des atouts différents. « Le cœur du réacteur d’Otrera est plus simple et sa chaudière nécessite moins de capex [d’investissements - ndlr] que celle d’Hexana. Laquelle dispose de son côté d’une avance en matière de stockage thermique et d’une approche commerciale plus aboutie », analyse une source. « Les échanges qui ont eu lieu l’an dernier entre les deux ont aussi achoppé sur des problèmes d’ego », complète un spécialiste du nucléaire.
Reste que les deux structures ont besoin de fonds privés pour mener à bien leur développement. Otrera, qui a bouclé une première levée en 2024 (3 millions d’euros apportés entre autres par le fonds Exergon, NGE ou encore Ekium Snef), travaille à un second tour de table. De son côté, Hexana - pilotée par Sylvain Nizou - en a engrangé 17 millions (la plateforme de crowdfunding Club.blast, le Groupe M…) depuis sa création en 2023. Chacune a aussi reçu 10 millions d’euros de subventions publiques, octroyées par Bpifrance lors du premier appel à projets sur « les réacteurs innovants » lancé dans le cadre du programme France 2030. Un milliard d’euros de fonds publics (dont 300 millions sont fléchés vers le projet Nuward d’EDF) est censé venir en soutien des petits réacteurs modulaires et aux réacteurs modulaires avancés. La seconde phase ouvrant la voie à une nouvelle salve de financements par la puissance publique est engagée.
Le groupe Eren n’a pas répondu à nos sollicitations à l’heure où nous publions cet article.
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