L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureNucléaire : EDF met un coup d’arrêt à son projet phare Nuward
Coup de théâtre chez l’énergéticien : trop complexe techniquement, son projet de mini-centrale va être suspendu. Un projet plus simple devrait lui succéder.
La décision est encore officieuse, mais elle devrait être bientôt annoncée au comité exécutif d’EDF. Selon nos informations, le projet de petit réacteur modulaire nucléaire Nuward, porté par le groupe public depuis plusieurs années, va être arrêté. En cause : les trop nombreuses difficultés technique...
Chose sûre, le mini-réacteur tel qu’il était envisagé va connaître un sérieux coup d’arrêt : le mot d’abandon n’est pas encore prononcé, mais les termes de « redéfinition » profonde du volet technique évoqués en interne en disent long sur le rétropédalage du groupe. Pour l’instant, la piste envisagée consiste à revenir à un concept technologique plus éprouvé, avec un design plus facile à mettre au point. « Le groupe EDF a décidé de faire évoluer le design de son SMR », confirme l’entreprise à l’Informé. Cette réorientation consistera à développer un « design construit à partir de briques technologiques éprouvées exclusivement », censé offrir de « meilleures conditions de réussite en facilitant la faisabilité technique » et qui s’appuiera « sur les enseignements techniques, industriels et commerciaux accumulés » par sa filiale.
Cette annonce devrait réjouir la nuée d’entreprises concurrentes, qui se sont positionnées ces dernières années sur le marché prometteur des mini-centrales nucléaires. Deux types de réacteurs sont actuellement développés : les SMR, de génération III ou III+ comme Nuward, et les Advanced Modular Reactors (AMR), de 4e génération, qui permettent de recycler le combustible usé, mais dont la technologie est moins mature. Partout dans le monde, c’est l’effervescence : selon une étude de mars 2024 du cabinet de conseil EY-Partenon, entre 400 et 700 SMR pourraient être déployés d’ici 2050, pour un marché potentiel de 70 à 120 milliards de dollars.
En France, une dizaine de start-up, comme Naarea, Otrera, Hexana, Jimmy Energy, Calogena ou Blue capsule se sont lancées dans l’aventure, portées par les appels à projets « réacteurs nucléaires innovants » lancés par les pouvoirs publics. L’enveloppe prévue par France 2030 pour leur développement avoisine le milliard d’euros. Plusieurs centaines de millions devaient aller à Nuward. Le 26 avril dernier, la Commission européenne avait d’ailleurs autorisé l’octroi de 300 millions d’euros sous forme de subvention directe. Pour autant, le groupe énergétique ne se dit pas vaincu et espère revenir sur le marché avec un SMR de génération III, toujours porté par sa filiale Nuward.
Article modifié à 14h44 avec la réaction d’EDF.