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Continuer la lectureLa filiale panneaux solaires de Voltalia (famille Mulliez) menacée de disparition
Le seul repreneur intéressé par « Maison solaire Voltalia » a jeté l’éponge. Des dizaines de salariés risquent de perdre leur emploi.
L’avenir de Maison solaire Voltalia, filiale du producteur d’énergies renouvelables éponyme, détenu à 70 % par la famille Mulliez (Auchan) semble bien compromis… Mi-février, la société qui fournit et pose des panneaux solaires pour les clients d’enseignes comme Ikea, Leroy Merlin ou encore Plenitude (ENI) a été placée en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Paris en vue d’une cession. Mais à une semaine de l’audience qui doit se tenir jeudi 21 mai, le seul repreneur en lice vient de jeter l’éponge, a appris l’Informé. Sauf coup de théâtre de dernière minute, le spectre de la liquidation plane désormais sérieusement sur la société qui emploie 42 personnes.
Créée en 2009, l’entreprise, dont les effectifs sont pour l’essentiel basés à Montpellier, a été exposée à d’importantes turbulences ces dernières années. En 2025, elle a essuyé une perte nette de 5,8 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 5,2 millions d’euros. Plombé par des dettes de 15 millions d’euros, ce spécialiste du photovoltaïque a, comme beaucoup de concurrents, souffert de la réduction des tarifs de rachats d’électricité de l’État… Mais la filiale du groupe énergétique a surtout fait les frais du recentrage stratégique initié par sa maison mère Voltalia début 2025. Ce plan, impulsé par la représentante de l’actionnaire du groupe, Laurence Mulliez, a consisté à progressivement mettre fin aux activités périphériques de distribution (panneaux solaires, batteries…) pour se concentrer sur le cœur de métier de la société, plus rentable : le développement de centrales d’énergie renouvelables (solaires, éoliennes…) et la vente d’électricité. Des choix qui ont conduit au placement en redressement judiciaire de Maison solaire Voltalia en début d’année.
« Un plan social de 111 salariés qui ne dit pas son nom »
Selon nos informations, le seul repreneur qui s’était alors positionné sur le dossier était le groupe Multi Cop (Solar One…), spécialiste des énergies renouvelables dans les Alpes-Maritimes. Ce dernier avait fait une offre de 60 000 euros pour reprendre les actifs de la société, auxquels s’ajoutent 40 000 euros pour le rachat des stocks. Le candidat (38 millions d’euros de chiffre d’affaires), qui disait vouloir conserver les contrats en cours avec les distributeurs, avait par ailleurs évalué à 200 000 euros l’investissement nécessaire pour relancer l’activité. Côté social, 14 personnes devaient être maintenues sur les 42 en poste.
Mais l’offre de Multi Cop qui avait dès le départ suscité une certaine défiance en interne a fait long feu. D’après une source proche du dossier, celle-ci avait notamment été jugée non recevable par l’administrateur judiciaire du tribunal. En cause : un prix de cession et un volet social jugés insuffisants…
Suite au retrait du repreneur, l’audience qui se tiendra le 21 mai prochain au tribunal des activités économiques de Paris, ne laissera sans doute d’autre option aux juges que de prononcer la liquidation de l’entreprise. Une perspective qui provoque l’ire des représentants des salariés, alors que le groupe Voltalia, en pleine restructuration suite à son recentrage, vient par ailleurs d’annoncer un PSE ciblant 61 postes sur les 270 employés dans l’Hexagone, comme l’a déjà révélé Green Univers. Ce plan, qui attend encore de recevoir la validation des autorités administratives, devrait entrer en vigueur en juillet. Il cible pour l’essentiel des postes d’ingénieurs développement, de comptables et de juristes. « Mis bout à bout, et en ajoutant la probable liquidation de notre autre filiale My Wind Parts, dont les 8 salariés travaillent sur la maintenance d’activités éoliennes, c’est un plan social massif de 111 personnes qui ne dit pas son nom que le groupe va subir », peste un élu du CSE. Placée en redressement judiciaire au même moment que Maison Solaire Voltalia, My Wind Parts vient en effet de voir s’envoler l’offre qui avait été déposée par la société Drekan Energy. Ce, là encore, à quelques jours de l’audience qui se tiendra le 20 mai...
Contactée, la direction de Voltalia nous a répondu ne pas souhaiter faire de commentaires. De leurs côtés, Multi Cop et Drekan Energy n’avaient pas donné suite à nos sollicitations au moment de notre publication.