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Énergie - Environnement

Idex pourrait absorber les réseaux de chaleur de Coriance

Coriance, actuel numéro 4 du marché, pourrait être racheté par son concurrent. Son propriétaire, Igneo Infrastructure Partners, en veut 1,5 milliard d’euros.

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EMMANUEL DUNAND / AFP

Assistera-t-on à la naissance d’un nouveau champion français dans les réseaux de chaleur en 2023 ? Alors que le numéro 4 du marché, Coriance, est à vendre, le dossier serait regardé de près par Antin Infrastructure Partners, déjà actionnaire de référence d’Idex, le 3ème acteur du secteur. Selon nos informations, un tel scénario de rapprochement entre ces deux poids lourds du métier serait bien à l’étude mais, à ce stade, Idex, comme les autres parties ne souhaitent pas communiquer. Les choses pourraient aller vite : l’Informé a appris que Igneo Infrastructure Partners, propriétaire de Coriance, a mandaté la banque d’affaires Jefferies pour démarrer formellement le processus de cession en janvier. La valorisation devrait être élevée : Coriance, présidé par Yves Lederer, affiche un Ebitda de plus de 75 millions d’euros et les transactions dans ce secteur se nouent régulièrement entre 20 et 25 fois l’excédent brut d’exploitation. « Le vendeur espère en retirer 1,5 milliard d’euros, mais il va pour cela falloir que l’enchère soit animée », glisse un banquier, confirmant au passage un montant déjà évoqué par Bloomberg en septembre.

« Compte tenu des synergies à tirer, Idex et son actionnaire pourraient proposer un prix supérieur. Sa présence au sein de l’enchère pourrait donc en décourager certains », estime un autre professionnel. Mais le timing interroge. Pour la plupart des observateurs du secteur, Antin Infrastructure Partners voulait, lui-même, mettre en vente sa pépite Idex au deuxième semestre 2023. S’il rachetait Coriance, il serait obligé de repousser son projet de cession d’au moins deux ans ; cela pourrait donc le dissuader de se porter acquéreur. De quoi laisser un espoir à d’autres candidats potentiels, des fonds connus pour leur appétence dans ce secteur, comme Infravia Capital Partners, Mirova, Vauban Infrastructure Partners, EQT Infrastructures ou bien encore le néerlandais DIF Capital Partners. Le doute persiste sur la présence de l’équipe infrastructure d’Ardian, qui avait déjà participé aux deux précédentes enchères visant à acquérir le groupe.

Fondé en 1998, Coriance a changé de main à maintes reprises. D’abord créé pour exploiter les réseaux de chaleur et de froid de GDF, il a été racheté, dix ans plus tard, par l’italien A2A, avant d’être repris par ses dirigeants et KKR en 2012, puis par Igneo en 2016. Aujourd’hui, l’opérateur est donc le quatrième plus gros acteur du marché, derrière Dalkia (EDF), Engie et Idex. À la différence de ses concurrents, il fait office de « pure player » des réseaux de chaleur. En 2019, une tentative de diversification a cependant été réalisée, avec le rachat à Neoen (l’énergéticien détenu par Jacques Veyrat) d’une nouvelle unité de cogénération à partir de biomasse.