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Finance - Conseil

Le puissant fonds suédois EQT se sépare d’une de ses deux têtes de pont en France

Selon nos informations, le responsable de l’infra paye les difficultés traversées par le numéro 4 tricolore des Ehpad.

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David - stock.adobe.com

Tumulte au sommet d’EQT. Cinq ans après sa constitution, le duo composé de Nicolas Brugère et de Thomas Rajzbaum, associés respectivement chargés du déploiement des stratégies d’investissement en LBO et en infrastructures, vole en éclat : ce dernier s’apprête à quitter l’entreprise dans les prochaines semaines, selon nos informations. Recruté en 2019 en tant que managing director, cet ancien de Carlyle fait les frais du retournement du marché. L’une de ses principales opérations, le rachat du numéro 4 français des Ehpad Colisée (pour plus de 2,2 milliards d’euros) à l’été 2020, n’a pas été fructueuse.

Le réseau de 390 établissements a été indirectement entaché par le scandale Orpéa et rares sont aujourd’hui les investisseurs souhaitant mettre un pied dans ce secteur. Un désamour qui rend difficile une éventuelle sortie, déjà compliquée par les moindres performances financières du groupe : au cours des 9 premiers mois de 2024, l’Ebitda ajusté a été de 89 millions d’euros, en baisse de 35 % sur un an, selon Moody’s. Cela en raison « d’inefficacité en matière de coûts et d’une mauvaise exécution de la direction précédente », malgré de bonnes performances en matière de taux d’occupation de ses établissements. Enfin, les flux de trésorerie ont été négatifs en 2024. Conséquence : la patronne Christine Jeandel a quitté son poste en octobre, remplacée par Arnaud Marion, notamment connu pour avoir remis en ordre de marche Doux, le Lido et les pianos Pleyel. Un plan de redressement est actuellement à l’œuvre et prévoit une amélioration de 14 millions d’euros de l’Ebitda run-rate (qui était de 134 millions au cours des douze derniers mois, à fin septembre), ainsi qu’un retour à l’équilibre des cash-flows disponibles dès cette année.

Thomas Rajzbaum est aussi au board du leader mondial des services de métrologie Trescal, racheté il y a deux ans par EQT pour plus d’un milliard d’euros, et d’Océa, un gestionnaire français de compteurs d’eau et de chaleur, acquis pour plus de 600 millions en 2024. Deux participations de moindre importance mais dont les performances seraient en phase avec les exigences du gérant. En infrastructure, la société d’investissement cotée n’avait jusqu’à présent pas connu de grosses déconvenues. Elle avait d’ailleurs levé 9 milliards d’euros en mars 2019, après seulement six mois de commercialisation de son fonds de quatrième génération. Son successeur avait empoché près de 16 milliards en novembre 2021, même si son sixième fonds d’infrastructure ne devrait être bouclé « que » cette année, avec un objectif de 20 milliards.

Dans l’Hexagone, le gérant suédois est aussi confronté à la contre performance de Cerba Healthcare, racheté il y a quatre ans pour 4,5 milliards d’euros. Ce géant de l’analyse médicale, concurrent direct d’Inovie et de Biogroup (pour ne citer que les groupes français), a subi comme les autres les affres de l’inflation et tente de maîtriser les conséquences de la baisse de 9,4 % des tarifs annoncée en septembre dernier par l’Assurance maladie. La dirigeante Catherine Courboillet est partie en avril 2023, sur fond de désaccord stratégique, et a été remplacée par Emmanuel Ligner. Un investissement piloté par Nicolas Brugère, dont l’équipe continue de grandir. Au total, le bureau parisien compte une trentaine de professionnels de l’investissement.