Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Finance - Conseil

La Poste : Stéphane Dedeyan prêt à un « sacrifice » sur son salaire

Pour ne pas plomber sa candidature à la présidence du groupe La Poste, le patron de La Banque postale accepte finalement de respecter le plafond annuel de 450 000 euros fixé pour les dirigeants d’entreprises publiques.

Photo
ANDBZ / ANDBZ/ABACA

« C’est politiquement intenable ». Les administrateurs de La Poste sont à l’unisson pour juger qu’il est impossible pour Stéphane Dedeyan, actuel président du directoire de la Banque Postale, de maintenir sa rémunération inchangée s’il est choisi pour prendre la tête du groupe. Lors de son audition l...

Stéphane Dedeyan faisait au départ figure de favori, depuis que Philippe Wahl, très écouté à l’Élysée, avait lancé une campagne active de soutien fin 2024. Mais dans ce contexte, c’est une autre candidate interne, également sortie en tête des auditions, la patronne du réseau de bureaux de poste et du numérique Nathalie Collin, qui fait office de recours. Selon nos informations, face à un tel tir de barrage, l’assureur à la tête de La Banque postale a finalement accepté de rabattre ses prétentions pour que sa candidature reste en lice. « S’il est désigné PDG de la Poste, Stéphane Dedeyan a indiqué qu’il était prêt à revoir sa position sur le sujet de sa rémunération », confirme un proche du dossier. Le message a été transmis au comité de nomination de La Poste ainsi qu’aux deux branches de l’exécutif. « Il ne dit pas qu’il est prêt à réduire son salaire de patron de La Banque postale mais, dans le cadre des échanges sur les conditions d’un futur mandat, il est ouvert à des changements », précise la même source.

Le candidat aurait ainsi accepté de se conformer aux règles du jeu, en revenant dans le cadre du décret qui fixe les rémunérations des dirigeants d’entreprises publiques. « Stéphane Dedeyan a pris conscience qu’il était obligé de bouger et il l’a accepté, indique un de ses proches. C’est une demande de l’État, pour des raisons politiques. » Il est vrai que le choix de l’Élysée n’a pas valeur de blanc-seing. L’heureux élu doit ensuite obtenir l’aval du Parlement. « Le sujet de la rémunération est inflammable à l’Assemblée, observe un administrateur. On voit mal comment un dirigeant qui réclamerait une multiplication par deux du salaire de son prédécesseur pourrait passer sans encombre l’épreuve des auditions. La commission des affaires économiques est tout de même présidée par une députée LFI (Aurélie Trouvé, ndlr) ! » Dans un hémicycle sans majorité stable, les validations parlementaires deviennent de plus en plus compliquées à obtenir. Proposé pour prendre la tête d’EDF, Bernard Fontana, un ingénieur pur sucre, a finalement été adoubé le 30 avril dernier avec une avance plus limitée que prévu (40 votes défavorables).

Autant dire que le « sacrifice » désormais consenti par Stéphane Dedeyan s’avérait nécessaire. Il estimait auparavant que, la part de l’État au capital du groupe postal étant désormais minoritaire (34 %), depuis la prise de contrôle de la Caisse des dépôts et consignations (66 %) en 2020, son dirigeant n’était plus soumis au plafond de rémunération fixé par décret. « L’analyse juridique peut se défendre mais cela restait un point de blocage incontournable, juge un dirigeant en interne. Personne dans le groupe comme au Parlement ne se serait jeté dans la bataille pour défendre son droit à conserver un traitement de 800 000 euros ! »

La décision est désormais soumise au calendrier des déplacements internationaux d’Emmanuel Macron, en visite d’État en Asie jusqu’à vendredi puis au sommet de l’Otan la semaine prochaine. Une décision reste attendue avant le conseil d’administration et l’assemblée générale prévus le 25 juin. « La guerre de tranchées entre les deux candidats internes n’a pas vraiment fait bouger les lignes, observe un proche du dossier. Ils sont au coude à coude, avec une courte avance pour Stéphane Dedeyan. Si, par extraordinaire, le président de la République a une difficulté à trancher, on ne peut écarter qu’un dirigeant plus proche du pouvoir politique soit proposé. » Par exemple, un ancien membre des cabinets Macron…