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Continuer la lectureIntelligence économique : Risk & Co dépose le bilan
En grande difficulté financière depuis des mois, le groupe vient d’être placé en redressement judiciaire. Plusieurs concurrents devraient se disputer les vestiges de l’ancien fleuron du secteur.
L’annonce tant redoutée par les équipes de Risk & Co est tombée le mercredi 30 août, lors d’une réunion plénière tenue au siège de Levallois-Perret. Dans une communication interne publiée le lendemain, consultée par l’Informé, le cabinet d’intelligence économique et sa holding Anticip ont indiqué que les deux entreprises avaient été placées sous la protection du tribunal de commerce de Nanterre dans le cadre de procédures de redressement judiciaire. Bien que « de nombreuses marques d’intérêt » aient été reçues au mois d’août, « les délais inhérents à un rachat des titres des sociétés concernées se sont avérés incompatibles avec la pression financière endurée par le groupe ».
Risk & Co/Anticip ne dispose même plus des liquidités nécessaires pour assurer son fonctionnement – au point de ne plus pouvoir payer les salaires du mois d’août. Mais surtout, aucun repreneur n’a souhaité racheter aux actionnaires les titres des deux sociétés, pour éviter d’avoir à essuyer les dettes du groupe, estimées à au moins 5 millions d’euros.
Une « reprise à la barre » par un concurrent, qui rachèterait tout ou partie des actifs (opérations et ressources humaines) sans hériter du passif (les dettes) reste néanmoins possible. Parmi les entreprises prêtes à reprendre le gros des activités : le spécialiste des services maritimes et énergétiques SeaOwl Group (notamment prestataire de TotalEnergies) et le groupe de sécurité privée Scutum. D’autres, comme Headmind Partners, souhaiteraient seulement mettre la main sur la stratégique et sensible activité cyber de Risk & Co, prestataire des ministères de l’intérieur et des armées.
Les caisses sont vides
Tout s’est joué neuf jours plus tôt, le 22 août, lors d’un conseil de surveillance d’Anticip dont l’Informé a pu consulter le procès-verbal. Le président Philippe Demigné y saluait « une prise de contact avec 27 investisseurs potentiels, dont 10 ont formulé une offre indicative le 4 août 2023 », mais avertissait que « malgré la conduite de discussions approfondies avec deux candidats porteurs d’une offre de reprise globale » (SeaOwl et Scutum), « une cession du groupe dans un cadre in bonis n’est pas réalisable dans un calendrier compatible avec la situation de trésorerie dégradée de la Société ».
Dans ce contexte, Philippe Demigné préconisait de « solliciter l’ouverture de procédures de redressement judiciaire (…) à travers le dépôt de déclarations de cessation des paiements dès cette semaine », pour permettre à Anticip ainsi que Risk & Co « de financer leur activité pour une période de deux mois supplémentaires ». La décision a été approuvée à l’unanimité par les membres du conseil de surveillance, notamment les représentants des deux principaux actionnaires, le fonds LGT Capital Partners de la maison princière de Liechtenstein (49,6 % du capital), et la holding luxembourgeoise Batipart du magnat français de l’immobilier Charles Ruggieri (37,3 % du capital).
Jeu de dupes ?
Au sein des équipes du groupe d’intelligence économique, c’est toutefois le pessimisme qui domine, même si SeaOwl apparaît comme un candidat sérieux pour reprendre une partie de l’activité. En effet, maintenant que Risk & Co est placé en redressement judiciaire, ses contrats en cours peuvent légalement être interrompus par les clients. Les candidats à une reprise partielle vont donc devoir convaincre lesdits clients de continuer l’aventure.
Mais il pourrait être plus intéressant pour ces « repreneurs » d’attendre le licenciement économique des salariés travaillant sur les contrats de Risk & Co, puis de les réembaucher au sein de leurs propres structures. D’ici quelques mois, il existe donc un risque sérieux, selon plusieurs sources, que Risk & Co n’existe plus, que les salariés des fonctions support se retrouvent au chômage, et que les activités du groupe ne se retrouvent « dépecées » entre différents concurrents. Contactée, la direction du groupe Anticip/Risk & Co n’a pas souhaité faire de commentaire.