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Finance - Conseil

Avisa Partners va aider l’Union Européenne à lutter contre la désinformation

Accusé l’an passé de manipulation de l’information, le cabinet français d’intelligence économique vient de remporter un important marché pour promouvoir la stratégie diplomatique de Bruxelles.

Matthieu Creux, fondateur d’Avisa Partners
Matthieu Creux, fondateur d’Avisa Partners Avisa Partners

C’est un joli coup que vient de réaliser Matthieu Creux. Fin avril, le cabinet Avisa Partners qu’il préside a décroché un contrat-cadre auprès de la Commission européenne pour soutenir le nouveau « pôle de prospective stratégique » géré par le Service des Instruments de politique étrangère (IPE) de l’Union. Le montant prévu dans l’appel d’offres est de 3,7 millions d’euros mais selon nos informations, il s’agit d’un accord dit « à bons de commande ». Ce qui signifie que chiffre n’est que le maximum que pourrait toucher Avisa.

Concrètement, l’entreprise devra nourrir la prospective et l’analyse de l’Union européenne concernant « le multilatéralisme, la bataille des récits, la paix/la sécurité/la défense, la désinformation et le terrorisme ». Mais aussi, dans un jargon tout communautaire, « faciliter la promotion des intérêts et des valeurs de l’UE ainsi que la promotion des intérêts offensifs de l’UE dans le monde entier, mais principalement dans les pays du G20 et les partenaires stratégiques ». Au programme, entre dix et vingt études par an, sur des thèmes tels que le rôle des femmes dans la lutte contre la radicalisation ou l’influence de la désinformation dans les processus électoraux.

Voir Avisa travailler aujourd’hui sur la « désinformation » est plutôt cocasse quand on se souvient de l’annus horribilis vécue par le cabinet en 2022. Mediapart a publié une série d’enquêtes l’accusant d’avoir mené des opérations de « manipulation de l’information » pour le compte d’États autoritaires (Kazakhstan, Congo Brazzaville, Qatar…) ou de grandes entreprises (Airbus). Intelligence Online avait aussi dévoilé les stratégies d’influence en ligne du cabinet pour le propriétaire de l’AS Monaco, l’oligarque russe Dmitri Rybolovlev.

Ces révélations avaient encore compliqué les relations entre Avisa Partners et l’Etat français. En particulier avec la DGSE déjà mises à mal depuis que l’entreprise avait racheté Lexfo et CEIS, deux sociétés habituées à travailler avec le service de renseignement extérieur. La Gendarmerie nationale a également pris ses distances avec le Forum international de la cybersécurité (FIC), organisé par Avisa Partners, dont elle était partenaire historique.

Contacté par l’Informé, Avisa Partners indique que ce « beau contrat » récompense « vingt ans d’expertise des équipes d’Axel Dyèvre à Bruxelles dans le domaine des études précises et techniques ».