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Continuer la lectureGrandes manœuvres au capital d’Avisa Partners
Critiquée pour ses méthodes de travail, l’agence d’intelligence économique fait l’objet de mouvements capitalistiques significatifs.
Jusqu’au bout, Avisa Partners aura connu une année mouvementée. Selon nos informations, la société spécialisée dans les affaires publiques et le conseil en intelligence économique (IE) vient de voir un de ses associés historiques prendre du champ. Jérôme Yomtov, actionnaire à hauteur de 1,66 % d’Avis...
Pour autant, les entrées et sorties de partners au sein du capital d’Avisa Holdco restent un sujet sensible, Matthieu Creux négociant âprement en amont les clauses de « bad and good leavers » de ses futurs associés (c’est-à-dire, en gros, la valeur de leurs titres au moment où ils quittent l’entreprise). Si, en juin, la sortie du communicant et ancienne plume d’Emmanuel Macron, Sylvain Fort, s’est déroulée sans accroc, celle de deux autres partners, Stefan Borst et Holger Knappenschneider, survenue un an plus tôt, s’est avérée bien plus sportive. Leur société de conseil lDA group, spécialisée dans les affaires gouvernementales et la diplomatie d’entreprise en Allemagne et à Bruxelles, avait intégré le giron d’Avisa fin 2019. Mais faute d’entente sur les conditions financières de leur départ, Avisa Holdco les a assignés en avril devant le tribunal de commerce de Paris. Les deux parties ont finalement trouvé un accord et se sont désistées de leurs demandes respectives en septembre.
Reste encore un sujet capitalistique de taille à venir : la future place du fonds Raise, aujourd’hui premier actionnaire d’Avisa avec environ 23 % des parts, devant la Financière Pagnol, holding personnelle de Matthieu Creux. Car le groupe d’intelligence économique projette toujours un deuxième LBO, qui ne devrait cependant pas intervenir avant 2024. « Raise est un fonds à capital permanent, gage le président d’Avisa. Il serait logique qu’il vende une partie mais reste actionnaire minoritaire de notre entreprise. » Pour l’heure, le climat de méfiance qui entoure la société ne semble pas chiffonner le fonds de Gonzague de Blignières et Clara Gaymard : il dit conserver « une pleine confiance dans la belle trajectoire de cette société et dans son dirigeant ».
Croissance à tous crins
Matthieu Creux, en tout cas, maintient son objectif de faire d’Avisa « un grand groupe européen de taille mondiale, sous pavillon français ». La société poursuit sa stratégie d’acquisitions à tous crins : après avoir racheté le cabinet d’IE Forward Risk and Intelligence LLC aux États-Unis, en novembre, elle est en train de finaliser la reprise de DGM Conseil, l’emblématique société de conseil en communication des grands patrons fondée par Michel Calzaroni. « Avant même cette dernière acquisition, notre chiffre d’affaires avoisine les 70 millions d’euros pour un Ebitda compris entre 16 et 19 millions d’euros », assure le patron. Selon un article de La Lettre A, les communicants Charles-Etienne Lebatard et Guillaume Didier comme le journaliste Pascal Pogam s’apprêtent à rejoindre le cabinet DGM. Et donc, bientôt, Avisa.