L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureLâché par son principal actionnaire, Risk & Co menacé de démantèlement
LGT Capital Partners ne financera plus le groupe d’intelligence économique, placé en conciliation. Le scénario d’un démantèlement de la société devrait être scruté de près par les services de l’État.
Le compte à rebours a commencé pour le cador, vacillant, de l’intelligence économique. Selon nos informations, le tribunal de commerce de Nanterre a accepté la procédure de conciliation proposée par le président de Risk & Co Philippe Demigné, et la « star des administratrices judiciaires », Hélène Bourbouloux du cabinet FHB, a été choisie comme conciliatrice. Celle-ci dispose désormais de quatre mois pour trouver un repreneur à l’entreprise. Risk & Co, 180 salariés, est dans le rouge depuis plusieurs années. Entre 2019 et 2021, les pertes de sa holding Anticip se sont creusées, passant de 1,33 million d’euros à 2,78 millions d’euros de pertes.
Comme nous l’avons dévoilé, des professionnels de la sécurité tels que l’ADIT, Amarante International et Scutum Security First, ainsi que le spécialiste des services maritimes et énergétiques SeaOwl Group, ont déjà été contactés sans qu’un accord n’ait été trouvé pour le moment. Toutefois, les acteurs du secteur interrogés par l’Informé doutent que le groupe d’intelligence économique soit repris dans son ensemble, étant donné son niveau d’endettement (au moins 4,5 millions d’euros). Selon eux, seraient plus aisés des rachats séparés des différentes business units (BU) : cyber, renseignement d’affaires, ingénierie de sûreté-sécurité…
Les services de renseignement devraient surveiller de près l’identité de l’éventuel acquéreur de la BU cyber, habituée des contrats sensibles. L’entreprise, via le rachat de Secway en 2016, a notamment collaboré avec les ministères des armées et de l’intérieur, ainsi que des opérateurs stratégiques comme Naval Group, sur l’identification de vulnérabilités informatiques dans les systèmes industriels (SCADA) comme les plateformes pétrolières.
Pour assurer le fonctionnement de Risk & Co durant la conciliation, sa holding Anticip a obtenu le mois dernier un prêt d’urgence de 750 000 € auprès de ses deux plus gros actionnaires, le fonds de la maison princière de Liechtenstein, LGT Capital Partners (49,6 % du capital), et la holding luxembourgeoise de l’homme d’affaires Charles Ruggieri, Batipart International (37,3 % du capital), lesquels ont versé respectivement environ 452 000 euros et 298 000 euros.
Mais, selon des échanges que l’Informé a pu consulter, l’actionnaire principal LGT acte aussi son désengagement du dossier. « Quelle que soit l’issue de cette procédure de conciliation, ce financement constituera notre ultime contribution au financement de l’activité de Risk & Co », tranche le fonds, qui se dit toutefois « disposé à céder l’intégralité de [sa] participation (…) ainsi que l’intégralité des obligations (…) pour l’euro symbolique, ce afin de favoriser l’avènement toute solution de retournement pour Risk & Co. »
De son côté, Batipart, évoquant la « dégradation récente des projections de trésorerie », et sans couper officiellement le robinet, rappelle avoir injecté depuis 2017 un total de 4,9 millions d’euros dans Anticip et Risk & Co. Il conditionne son nouveau prêt à la validation de la procédure de conciliation et à l’engagement qu’Anticip ne sollicite pas d’autres financements pour fonctionner durant la période qui vient de s’ouvrir.
L’ancien président, toujours rémunéré ou discrètement indemnisé ?
D’après un document consulté par l’Informé, l’ancien président d’Anticip et Risk & Co Richard Terzan, débarqué fin mars et nommé président du conseil de surveillance, facture depuis avril, via sa société unipersonnelle R. Terzan Conseils, près de 28 000 euros par mois au groupe d’Intelligence économique. Les versements, prévus sur une période d’un an et demi, représenteront un total de 500 000 euros. Comme Richard Terzan a été poussé à démissionner par les actionnaires en mars, cette somme pourrait vraisemblablement compenser l’indemnité de rupture qu’il n’a pas touchée, à la différence de son ancien associé Cyrille Peguilhan de Sartoux, dont le licenciement avait fait l’objet d’un accord transactionnel.
Contactée, la société Risk & Co n’a pas souhaité commenter nos informations.