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Finance - Conseil

Horlogerie de luxe : Carlyle prépare sa sortie d’Acrotec

Le fonds américain est présent depuis trois ans au capital de cette pépite jurassienne, également experte dans le médical, l’aéronautique et l’automobile.

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Fxquadro - stock.adobe.com

Deux mois après avoir revendu le verrier français Saverglass à l’australien Orora pour la somme de 1,3 milliard d’euros, Carlyle avance sur un autre projet de cession. Le fonds américain s’apprête à sonder le marché du M&A pour une autre de ses participations majoritaires : Acrotec. Selon nos informations, il a mandaté Rothschild & Co pour préparer sa sortie de cet industriel jurassien.

Basé à Develier, en Suisse, Acrotec est un fournisseur majeur de composants de mouvements mécaniques pour l’industrie horlogère locale. Son expertise dans l’usinage de précision est aussi très prisée dans les secteurs des instruments chirurgicaux, de l’automobile et de l’aéronautique. La société emploie 2.800 salariés sur une trentaine de sites (dont une présence en Haute-Savoie). Depuis une vingtaine d’années, son indépendance est assurée par des fonds de private equity. Le dernier en date, Carlyle, en a pris les commandes il y a trois ans, aux côtés du dirigeant français François Billig.

Depuis, les emplettes se sont multipliées et Acrotec affiche un chiffre d’affaires de plus de 500 millions de francs suisse pour environ 180 millions d’Ebitda, selon nos informations. Son partenaire financier lui a notamment permis de mettre un pied sur le marché américain en rachetant, en début d’année, Axial Medical, un fabricant d’implants pour la chirurgie vertébrale, orthopédique et traumatologique. Une acquisition stratégique de par sa localisation et sa nature, l’activité destinée au marché médical étant moins sujet aux retournements conjoncturels que l’horlogerie de luxe. Le pôle medtech, constitué en 2022, représente aujourd’hui un peu moins d’un tiers des revenus d’Acrotec.

Le groupe intéresse les grands fonds d’investissement mondiaux. Mais à ce stade, la feuille de route du processus ne serait pas encore figée. Contactés, Carlyle et l’entreprise n’ont cependant pas souhaité commenter ce projet de sortie, qui pourrait « avoisiner la barre des deux milliards d’euros », note un observateur.

Une cession pourrait intervenir au premier semestre 2024, d’autant que la plupart des indicateurs d’Acrotec sont au vert. Seule ombre au tableau : le goulot d’étranglement sur le marché du travail suisse. En juin, lors du salon de la haute précision EPHJ organisé près de Genève, le groupe avait reconnu ne pas échapper aux problèmes de pénurie de main-d’œuvre. Un phénomène se traduisant par un allongement continu des délais de livraison depuis la fin de la pandémie de Covid-19.