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Continuer la lectureEnseignement supérieur : Groupe Alternance peine à séduire les investisseurs
Ce réseau français d’une cinquantaine d’établissements forme 8.000 étudiants chaque année, du bac au bac +5.
Le regard des investisseurs sur le monde de l’éducation se normalise. L’euphorie constatée il y a encore un an a laissé place à une certaine prudence, tout du moins dans le secteur de l’alternance. L’un de ses porte-étendards, Groupe Alternance, en fait actuellement les frais. Selon nos informations, ce réseau français d’une cinquantaine d’écoles fondé en 1998 par son dirigeant actuel Laurent Chauveau a confié un mandat de cession à Société Générale, mais peinerait à trouver preneur. Tous les industriels du secteur ont refermé le dossier et nombre de fonds d’investissement ont préféré passer leur chemin.
Les raisons sont multiples, à commencer par la structure actionnariale du groupe. En effet, toutes les directions des établissements sont au capital, ce qui amène Groupe Alternance à être détenu par de très nombreuses personnes physiques. A cela s’ajoute une certaine gourmandise des vendeurs. Selon nos informations, la valorisation d’entreprise initialement recherchée serait de 15 fois l’excédent brut d’exploitation du réseau, lequel serait compris entre 25 et 30 millions d’euros. « Ce chiffre a connu une très forte augmentation au cours des trois dernières années, ce qui donne des sueurs froides à certains investisseurs en cas de durcissement de la réglementation en 2027 », estime un banquier.
De fait, avec quelque 8.000 étudiants formés chaque année du bac au bac +5, Groupe Alternance a pleinement bénéficié de la réforme de l’alternance de 2018 et de son plan de relance en 2020 - lequel accordait aux employeurs de généreuses aides financières pour le recrutement d’apprentis. Or l’an dernier, la Cour des comptes a remis un rapport dans lequel elle s’alarme de « l’impasse financière » que connaît l’alternance, avec un déficit toujours plus important de France compétences, l’Autorité nationale de financement et de régulation de la formation professionnelle et de l’apprentissage. Certains craignent donc que les années à venir soient moins favorables au secteur de l’alternance.
« Les groupes d’enseignement supérieur comme Omnes Education ou Galileo Global Education n’ont pas montré d’intérêt pour cette cession parce ils sont déjà très présent dans l’apprentissage », note un spécialiste du secteur. Du côté des fonds, le nom de HLD est régulièrement cité. Mais la société d’investissement pilotée par Jean-Bernard Lafonta préfère rester discrète sur le sujet.