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Continuer la lectureSociété générale : les banquiers privés s’inquiètent de l’enregistrement de leurs conversations
Le groupe justifie la mise en place de cette mesure au sein de la banque de détail par la réglementation européenne. Les intéressés craignent que les bandes servent à évaluer leur travail.
Les sujets sur les conditions de travail se bousculent à la Société générale. Depuis plusieurs semaines, la direction suscite une vive agitation interne en prônant le retour à un seul jour de télétravail hebdomadaire (maximum) dès octobre prochain, malgré les fortes réticences des salariés et des syn...
Le dispositif, censé entrer en vigueur en juin 2026, concernerait 300 salariés de l’activité gestion privée de la banque de détail en France, habitués à conseiller des clients dont le portefeuille d’actifs est compris entre 500 000 euros et 2 millions d’euros. De tels enregistrements sont déjà réalisés depuis plus de dix ans par les banquiers de Société générale Private Banking, le pôle gestion de fortune du groupe accompagnant des particuliers mieux lotis encore dans l’Hexagone et à l’étranger.
Pourquoi élargir aujourd’hui ces pratiques ? « Ce dispositif d’enregistrement répond à des obligations réglementaires européennes applicables aux marchés financiers et existe de longue date dans les banques et dans d’autres métiers financiers », indique à l’Informé la Société générale. « La réglementation européenne MiFID II impose en effet l’enregistrement des conversations téléphoniques liées à des services d’investissement pour pouvoir reconstituer intégralement la relation commerciale entre le client et le banquier et offrir une traçabilité complète », explique Jean-Christophe Wantz, Partner au sein du cabinet OMS & Co. Les régulateurs peuvent ainsi mener des contrôles sur le respect des obligations légales. « L’idée est de passer d’un métier de banquier privé très relationnel à une logique métier très auditable et documentée dans laquelle il faut justifier de ses conseils », continue le consultant.
De quoi nourrir certaines inquiétudes chez les concernés. Plusieurs banquiers interrogés par l’Informé craignent ainsi que ces bandes sonores soient utilisées à des fins commerciales ou pour évaluer leur travail par exemple. Ils appréhendent aussi un effet négatif sur leur activité : pour démarrer l’enregistrement via l’outil Teams, les banquiers devront demander, lors d’appels entrants, aux clients de pouvoir les rappeler… ce qui pourrait en agacer certains.
La Société générale se veut rassurante sur les deux points de crispation. « Son déploiement auprès des banquiers privés s’effectue dans un cadre strictement encadré par des règles de conformité et d’accès », rappelle-t-elle. Auprès des élus, la banque a également assuré qu’elle ne tiendrait pas compte des éléments privés pouvant être échangés entre un banquier et son client et qu’elle ne pratiquerait pas de réécoutes sauvages ou à des fins d’évaluation. « Le groupe nous a affirmé que les réécoutes seront tracées et accessibles en principe uniquement au salarié, son responsable, et la direction de la conformité, du contrôle, les autorités compétentes », abonde une source.